Sara Bjarland, de la transformation

Muriel de Crayencour
26 janvier 2017
Sara Bjarland (1981, Helsinki) est une jeune artiste finlandaise. C'est sa première exposition à Bruxelles, à la Hopstreet Gallery. Une occasion de découvrir ce qui occupe cette jeune artiste finlandaise, la transformation et la non-permanence des choses.

Durant l’été 2016, Sara Bjarland a participé à un programme d’artistes en résidence à la Temple Bar Gallery + Studio's de Dublin. En 2012-2013, elle était artiste résidente à l’Institut supérieur des Beaux-Arts (HISK) de Gand. Ses œuvres enrichissent des collections privées en Belgique, aux Pays-Bas et en Finlande.

Fixé au plafond, un bouquet de ballons blancs, légèrement dégonflés, légèrement fripés. Vestiges d'une fête qui a battu son plein, restes d'un moment de joie. Ces ballons sont faits de plâtre, ils sont figés dans l'instant qui suit, celui de la déliquescence. D'autres ballons, dans une gamme allant du noir au gris vers le blanc, tout aussi fripés. Leur surface est comme une peau vieillie, comme un épiderme qui a vécu. L'impermanence des choses, comment tout passe – même si l'instant d'avant fut tendu, plein de vie, joyeux – pourquoi cela passe et ne reste pas, c'est ce qu'on lit et découvre dans ces photos de ballons. Et pourtant, il y a de la beauté, un peu triste, dans ces ballons plissés.

Plus loin, des stores à lamelles au bout de leur vie, chiffonnés comme de vieux parapluies, prennent un aspect arachnéen. Sur photos ou en sculpture au centre de l'espace, comme une immense araignée un peu inquiétante.

Des tiges de métal, celles utilisées pour armer le béton dans la construction, tordues, sont prolongées par des petites branches d'arbre portant boutons. De l'acier vers le bois, une ode à la transformation, mais aussi à la catharsis. Ces différents rameaux, fondus en bronze, posés les uns à côté des autres, tracent comme une phrase d'un alphabet mystérieux. D'autres tiges d'acier sont posées contre le mur, leur extrémité germant elles aussi.

Si rien n'est permanent, si tout se dégrade, le moment de la déliquescence peut être d'une grande poésie. On y voit un processus qui n'est pas sans lien avec celui de la vie qui court en nous, en perpétuel mouvement et allant pas à pas vers une fin annoncée. Mais l'important n'est-il pas le chemin qu'on emprunte ? A voir, donc.
Sara Bjarland
Past Events
Hopstreet Gallery
Rivoli Building
109 rue saint Georges
1050 Bruxelles
Jusqu'au 25 février
Du jeudi au samedi de 13h à 18h
http://www.hopstreet.be/















Muriel de Crayencour

Rédactrice en chef

Voir et regarder l’art. Puis transformer en mots cette expérience première, qui est comme une respiration. « L’écriture permet de transmuter ce que l’œil a vu. Ce processus me fascine. » Philosophe et sculptrice de formation, elle a été journaliste entre autres pour L’Echo et Marianne Belgique. Elle revendique de pouvoir écrire dans un style à la fois accessible et subjectif. La critique est permise ! Elle écrit sur l’art, la politique culturelle, l’évolution des musées et de la manière de montrer l’art. Elle est aussi artiste. Elle a fondé le magazine Mu in the City en 2014.