Trois femmes, une rencontre

Muriel de Crayencour
23 mars 2017
C'est dans le cadre de la Journée internationale des droits des femmes que trois artistes se sont réunies pour exposer à la Maison des Artistes d'AnderlechtRachel Silski, Jacqueline Devreux et Christine Nicaise manient plusieurs médiums : la peinture, la photographie, le dessin pour mettre en lumière leur implication artistique dans le monde d'aujourd'hui.

Jacqueline Devreux est depuis longtemps représentée par la Galerie Pierre Hallet. Ses tableaux grands formats reprennent des portraits et autoportraits presque toujours dans une gamme du blanc au noir. Nous avions pu découvrir les dessins et peintures de Rachel Silski chez Artitude Gallery en 2015. Rachel Silski, par ailleurs psychologue et psychanalyste, s’interroge depuis des années sur les limites de la peinture. Christine Nicaise, peintre abstraite, est représentée par la Galerie Faider à Bruxelles.

Existe t-il un statut spécial de la femme artiste ? N'est ce pas démodé de le penser ? Y a t-il une manière spécifiquement féminine de faire de l'art ? Et si c'est le cas, représente t-elle une identité de l'art fait par des femmes ? Nous ne le pensons pas. Ce qui n'empêche bien évidemment pas trois femmes artistes d'exposer ensemble sur une thématique qui les rapproche, le statut de la femme. Ainsi les toiles abstraites de Christine Nicaise déploient des mondes texturés, rehaussés parfois d'un signe, sorte de lettre d'alphabet, qui semble ajouter un signifiant au-dessus de la riche matière. Texture vibrante aussi pour les peintures sur papier de Rachel Silski. Même si l'artiste s'empare de sujets tels que l’Histoire, 14-18 , le sacrifice humain de la guerre et de la violence, ses œuvres frôlent l'abstraction, sans doute dans un mouvement de retenue.

Jacqueline Devreux présente à le fois des portraits peints et des portraits photographiques, puisque la photo est son nouveau médium. On y voit toujours des visages de femmes au regard sombre, posant pour la quête de Devreux sur le statut d'humain. Comment le représenter ?  Qu'est ce qui fait qu'une peinture ou qu'une photo soit à ce point juste que sous le portrait émerge l'aura d'un humain universel ? Trois artistes du sensible, à voir jusqu'au 31 mars.
Trois femmes, une rencontre
Maison des Artistes
14 rue du Bronze
1070 Anderlecht
Jusqu'au 31 mars
Du mardi au dimanche de 10 h à 18h
http://www.escaledunord.net/













 

Muriel de Crayencour

Rédactrice en chef

Voir et regarder l’art. Puis transformer en mots cette expérience première, qui est comme une respiration. « L’écriture permet de transmuter ce que l’œil a vu. Ce processus me fascine. » Philosophe et sculptrice de formation, elle a été journaliste entre autres pour L’Echo et Marianne Belgique. Elle revendique de pouvoir écrire dans un style à la fois accessible et subjectif. La critique est permise ! Elle écrit sur l’art, la politique culturelle, l’évolution des musées et de la manière de montrer l’art. Elle est aussi artiste. Elle a fondé le magazine Mu in the City en 2014.