Bas van den Hurk, coupe impeccable

Muriel de Crayencour
13 avril 2017
Deuxième exposition chez Hopstreet Gallery, au Rivoli Building, pour l'artiste néerlandais Bas van den Hurk. Formé à la philosophie à l'Université de Tilburg puis d'Amsterdam, il promène son inspiration entre peinture, mode et architecture.

Tout d'abord, comme un styliste, sélectionner un tissu, issu d'une collection d'un de ses amis. Le tendre sur un châssis et l'utiliser comme une toile de peintre. Ainsi, voici un fin lamé de soie dorée, fragile, qui reçoit quelques motifs sérigraphiés puis les touches vives et lyriques du pinceau, dans une palette courte et élégante. Se dessine un ballet chantant, ou un mouvement flou rattrapé par un rythme abstrait : lignes et aplats se croisent et se rencontrent pour installer une impression. Rien de narratif, plutôt le flash vif d'un instant. Là, sur un tissu rayé, d'autres circonvolutions, musicales elles aussi. C'est vif, actuel, léger dans le joli sens du terme.

Bas van den Hurk est lié au monde de la mode. Pour chacune de ses expositions, il crée des installations qui vont dialoguer avec ses peintures et l'architecture de l'espace. Ici, des montants de métal rappellent les portants utilisés pour présenter les vêtements. Y pend une chemise d'homme rose, marquée d'un rehaut en tissu vert vif. Ces installations divisent l'espace et permettent aux visiteurs de se déplacer pour découvrir de nouveaux points de vue. Ainsi, les couleurs des toiles tendues sur châssis devisent avec élégance avec celles des installations. L'ensemble est étonnant. La peinture est bien présente mais elle a pris une nouvelle dimension. L'apport du textile ajoutant une notion de fragilité et de... prêt-à-porter, sans ironie aucune. Ramener une des peintures de Bas van den Hurk chez soi, c'est apporter dans son home une œuvre à la fois conséquente et agréablement accessible.

Bas van den Hurk, né en 1965, vit et travaille à Tilburg. Son travail est largement exposé à l'international, notamment à la Wendy Cooper Gallery de Chicago, au Van Abbemuseum d'Eindhoven ou encore chez RH Contemporary à New York.
Bas van den Hurk
Someone has left her marks

Hopstreet Gallery
109 rue Saint-Georges
1050 Bruxelles
Jusqu'au 6 mai
Du jeudi au samedi de 13h à 18h
http://www.hopstreet.be/















 

Muriel de Crayencour

Rédactrice en chef

Voir et regarder l’art. Puis transformer en mots cette expérience première, qui est comme une respiration. « L’écriture permet de transmuter ce que l’œil a vu. Ce processus me fascine. » Philosophe et sculptrice de formation, elle a été journaliste entre autres pour L’Echo et Marianne Belgique. Elle revendique de pouvoir écrire dans un style à la fois accessible et subjectif. La critique est permise ! Elle écrit sur l’art, la politique culturelle, l’évolution des musées et de la manière de montrer l’art. Elle est aussi artiste. Elle a fondé le magazine Mu in the City en 2014.