Jacques Cassiman, formes silencieuses

Muriel de Crayencour
18 janvier 2018
D'un pas discret et tranquille, loin des galeries stars, Jean-Philippe Braam, restaurateur de tableaux, présente régulièrement dans son espace des expositions courtes d'artistes qu'il aime. Nous avions apprécié le travail subtil et méditatif de Louis Daliers, architecte et artiste. Voici, pour deux semaines seulement, les dessins et sculptures de Jacques Cassiman.

Si ce créateur de bijoux affectionne les courbes et arrondis organiques pour ses broches et autres œuvres portables, ici c'est la ligne droite qui prévaut. Sur ses dessins, verticales et diagonales se croisent et font naître le volume. Dans cet espace fraîchement mis au monde, Cassiman (1940) dépose une belle teinte sourde, un bleu, un brun, un gris passés. La forme s'épanouit, silencieuse, posée là comme un totem. La ligne est son guide et son chaman. Elle traverse la feuille et rend des comptes à l'œil : vois ici ce qui naît de passage. Rien n'est plane et tout prend forme.

Totems aussi ses emboîtages façonnés en carton, autant d'interrogations sur la forme, sur le plein et le vide. Ces petites sculptures portent le nom des matériaux que leur patine imite : marbre, pierre, plâtre, bronze ou terre. Elles n'ont d'autre prétention que d'afficher leur présence géométrique, de jouer avec la lumière et l'ombre et avec notre regard. Pas de message, juste la forme et le jeu des volumes. Cette esthétique formelle, tranquille, silencieuse, délicate, la beauté des textures, la palette de tons, tout cela fait que la balade est bien agréable. Oui, souvent la forme prévaut et c'est extrêmement reposant pour l'esprit. Et ce silence est une offrande pour l'âme. A savourer.
Galerie Jean-Philippe Braam
Jacques Cassiman
9 rue Fourmois
1050 Bruxelles
Jusqu'au 27 janvier
Du mardi au samedi de 14h à 18h
www.braamjp.be









Muriel de Crayencour

Rédactrice en chef

Voir et regarder l’art. Puis transformer en mots cette expérience première, qui est comme une respiration. « L’écriture permet de transmuter ce que l’œil a vu. Ce processus me fascine. » Philosophe et sculptrice de formation, elle a été journaliste entre autres pour L’Echo et Marianne Belgique. Elle revendique de pouvoir écrire dans un style à la fois accessible et subjectif. La critique est permise ! Elle écrit sur l’art, la politique culturelle, l’évolution des musées et de la manière de montrer l’art. Elle est aussi artiste. Elle a fondé le magazine Mu in the City en 2014.