Amusez-vous !

Elisabeth Martin
26 avril 2018
La galerie Sablon d’Art est un espace qui peut être loué par des artistes sur la place du Grand Sablon. Pas de sélection, donc, et parfois une bonne surprise. Cette fois-ci, deux plasticiennes retiennent l’attention, Myriam Struman et Laurence Vankerkhove.

Foisonnant et plein de vitalité, le travail de Joséphine interpelle. Derrière ce nom d'artiste, Myriam Struman, femme d'action, scientifique de formation et enseignante. Après une étape dans le design, elle décide de se lancer à bras-le-corps dans la peinture, de jubiler, d’explorer la jouissance de la couleur et de la matière par superposition de couches et de grattages qu'elle ponctue de bandes de plexiglas. Pompidou, Montmartre, Sablon, Toone : chaque tableau est le plaisir de l’expérimentation ludique de tracés tirés au cordeau dans de joyeux labyrinthes. L’art est ici abstraction construite, univers coloré, gaieté. Les œuvres accrochent le regard sans détour ni artifice. C'est l'ébullition créatrice d'une infatigable production qui associe la rationalité de la structure à une belle chaleur chromatique.

A côté, LOrka (Laurence Vankerkhove), lauréate de la Bourse Ode Pirson pour une recherche picturale en 1996 et sélectionnée en 2016 au Concours international des mini-textiles par le Musée de la Tapisserie contemporaine d'Angers. Elle aime collectionner, garder des traces, collecter. Sa série Sapiens épingle comme le ferait un entomologiste de minuscules silhouettes cousues de papier, de textile et de fil, à partir de photos prises dans la jungle urbaine. Des personnages simples, fragiles, menus, observés à distance. Chacun a une histoire que LOrka raconte avec passion. Un travail délicat et sensible sur l'humain.
Sablon d'Art
2 place du Grand Sablon
1000 Bruxelles
Jusqu'au 29 avril
Du jeudi au dimanche de 11h à 19 h

 









Elisabeth Martin

Rédactrice

Traductrice puis pédagogue de formation, depuis toujours sensible à ce vaste continent qu’est l’art. Elle poursuit des études de sociologie et d’histoire de l’art avant de relever le défi de dire avec des mots ce que les artistes disent sans mots. Une tâche d’interprète en somme entre deux langages distincts. Partager le frisson artistique et transmettre l’expérience esthétique et cet autre rapport au monde avec clarté au lecteur, c’est une chance. Une sorte de mission dont elle nourrit ses textes.