K9, espace d'expo à Rixensart

Natacha de Mol
16 janvier 2019
Dans la continuité des expositions privées qu’ils organisent depuis un certain temps, Baudouin Oosterlynck, artiste et amateur d’art, inaugure avec un ami artiste un tout nouvel espace dédié à l’art contemporain, Kamer Negen alias K9, à Rixensart. Tous les week-ends jusqu'au 27 janvier, ce sont quelques-unes des premières œuvres acquises par Baudouin Oosterlynck qui y sont à découvrir. Allons-y !

Comme nous l’explique Baudouin Oosterlynck, K9 se veut être un espace de médiation, mettant en exergue les œuvres de jeunes artistes, mais aussi celles d’artistes moins jeunes et méconnus ou d’artistes décédés. Les expositions se clôtureront avec un évènement pointu : musique, conférence, film...

« Zeige deine Wunde » : cette phrase retentissante de Joseph Beuys marque la tonalité de cette toute première exposition chez K9. Elle révèle principalement quelques-unes des premières œuvres acquises par Baudouin Oosterlynck. « Ce sont celles qui me touchent toujours le plus », dit-il. Celles-ci, qui évoquent le corps, avec notamment les têtes de Silvia Hatzl, constituées d’enveloppes sombres, semblant recouvrir des gestes caressants le passé.

Nous retrouvons aussi la Taille de Michel François, surprenante pièce accrochée au mur, ceinture donnant la mesure de son auteur à un moment donné. Ou encore une œuvre de Johan Creten, placée en hauteur, comme par pudeur, peut-être en signe du malaise que cette pièce suscita autrefois à son acquéreur. Impossible de ne pas voir l’œuvre de Bernd Lohaus composée d’imposantes pièces de bois couchées, en appui entre elles, de taille et de masse différentes, leurs positions mettant en image les relations entre des proches. Soutien, écrasement, équilibre.

« Les œuvres nous apprennent à mourir », cette phrase nous amène à regarder autrement les pièces de la collection de Baudouin Oosterlynck. À l’occasion de l’ouverture de K9, il nous invite aussi chez lui. Dans une atmosphère très personnelle, car ce sont les objets qui pointent vers nous : au-dessus de la porte, sur le piano, dans les coins, dans la chambre, près de l’escalier. Nous les apercevons qui dialoguent entre elles et imaginons leur histoire. En arrivant, ce sont les ombres délicates des branches de sureau de Jean-Georges Massart qui nous amènent à effleurer du regard la surface des murs. Perception hypnotique que de voir les poils de Baseman piqués sur un bout de bois, en partie dénudé de son écorce. Les yeux continuent de se balader et découvrent un cache-sexe composé de papillons, œuvre de Léo Copers ! À l’étage, la subtile langue dorée de Florian Kiniques nous défie de la titiller du bout des doigts. Forte. Présente. Généreusement,
Baudouin Oosterlynck nous confie ses coups de cœur, sensibles, beaux et intrigants. Pointons encore la présence d’œuvres de Carl Andre, Bernard VillersSuzanne DuchampJoseph Beuys...
K9
Espace privé pour l'art contemporain
Rue Robert Boisacq, 9
1330 Rixensart
Jusqu'au 27 janvier
Samedi et dimanche de 14h à 19h
et sur rendez-vous (baudouinoosterlynck@gmail.com)









Natacha de Mol