Les insolentes vanités de Corine Borgnet

Véronique Godé
17 janvier 2019
L’art, c’est comme un amant, tu y penses tout le temps ! Amours éternels, au masculin pluriel, tel est le titre de l’exposition monographique dédiée à l’artiste plasticienne Corine Borgnet à voir à la galerie parisienne Valérie Delaunay jusqu'au 29 janvier, alors que cinq de ses pièces récentes viennent d’être choisies par le Musée Dali, à Paris, pour un dialogue collectif à l’occasion d’une exposition célébrant le trentenaire de la mort du maître.

A partir de références populaires et de la construction d’objets symboliques mettant en œuvre la sculpture, le dessin, la vidéo ou la photographie performée, Corine Borgnet bâtit depuis 15 ans une œuvre protéiforme dont les ressorts sont l’absurde et l’oxymore. Mais qu’elle modélise un blob en toile de Jouy affublé d’un pavé révolutionnaire, qu’elle façonne un enfant à tête de lys ou bien transpercé de flèches, ou qu’elle construise une tour de Babel à base de Post-it usagés récupérés à l’ONU, à l’Université Columbia ou dans les rues de New York peu après les attentats du 11-Septembre, c’est toujours notre condition humaine qui est en ligne de mire – des affres troublées de l’enfance aux stigmates de l’entreprise, ou bien empêtrée dans des contradictions bourgeoises. Partant le plus souvent du dessin, cette artiste iconoclaste, « sans foi ni particule », emprunte bien souvent sa symbolique au monde du tatouage et travaille sur le motif traditionnel, populaire, comme le pied-de-poule, qu’elle déforme jusqu’à l’apparence du keffieh, emblème d’une résistance passée à la mode. Cependant, à la galerie Valérie Delaunay, ce sont surtout des vanités qu’elle expose, des objets de pouvoir et de séduction : une couronne, un diadème, une guêpière… « Tous ces signes d’apparat réalisés à partir d’os de volaille, mais aussi de taupe ou de chat, qui ne valent rien ! », dit-elle. On peut aussi y découvrir des ex-voto créés à partir de cire de cierges récupérés dans les églises de son île natale, Oléron, des grands dessins au graphite sur papier ou les vibrations profondes d’un cœur lourd. Pendant qu’elle préparait son solo show – tout juste rentrée de La piscine de Roubaix où elle présente un film, un paysage animé, une fiction rocambolesque réalisée pour l’exposition Tableaux fantômes –, nous avons rencontré l’artiste diplômée des Beaux-Arts de Poitiers dans son atelier à Montreuil. Corine Borgnet était en train de réunir des gouaches sur photographies pour une autre exposition collective en cours, Trouble d’identité, proposée par la commissaire Isabelle de Maison Rouge à la Voz’galerie à Boulogne-Billancourt. Avec nous, l’artiste s’est prêtée au Jeu de mots. (...)

Dans le cadre d’un partenariat avec Arts Hebdo Médias, un site français d’information dédié à l’art contemporain, nous vous proposons de lire la suite de cet article sur http://artshebdomedias.com/













Véronique Godé