Envoûtant Kustaa Saksi

Jusqu’au 8 septembre, Spazio Nobile présente First Symptoms, une série de tapisseries de Kustaa Saksi, un artiste finlandais qui pose par sa pratique un regard sur la perception de la réalité en nous immergeant dans les auras de ses migraines. 

Voici un monde bien psychédélique, qu’est celui de Kustaa Saksi ! Nous voilà des le premier coup d’œil happés par ces grandes formes ultra-colorées qui ornent les murs de la galerie. À en croire le titre de sa série First Symptoms, rien d’anormal à tout cela. C’est de son expérience personnelle de la migraine que Kustaa Saksi s’est inspiré pour créer ce nouveau cycle de tapisserie. « J’ai presque toujours souffert de migraines ; la première dont je me souvienne remonte à l’âge de sept ans. Je rentrais en hâte de l’école pour dévorer dans ma chambre une pile de bandes dessinées empruntées à un ami, lorsqu’une fulgurante et éblouissante lumière a envahi mon champ de vision et s’est dilatée pour se muer en un lumineux cercle jaune-vert aux contours en dents de scie. J’ai pris peur, je n’arrivais plus à lire : les lettres tremblotaient ou s’évanouissaient entièrement, ne laissant que des pages blanches derrière elles. Ma main gauche s’était engourdie. Un mal de tête m’a pris, à partir duquel j’ai perpétré la malédiction qui s’était abattue sur ma famille : la migraine. » explique t-il. En résulte, six tapisseries - Archetypes, Aura, Aftermath, Attack, Sprout, et In Full Bloom -  dans lesquelles Saksi dépeint les expressions de ses migraines durant différentes phases. Les surfaces obtenues sont étonnantes, tant elles semblent renvoyer à d’autres lexiques visuels : imagerie scientifique, monde végétale, art tribal, images de kaléidoscope…

Depuis 2012, Kustaa Saksi travaille en collaboration avec le TextielLab. Un centre d’innovation et d’artisanat situé en dessous du Musée du Textile de Tilburg aux Pays-Bas. Il y développe de nouvelles techniques de tissage, qui expérimentent la combinaison de fibres naturelles et de fils synthétiques. C’est ce procédé, que l’artiste a utilisé pour sa série First Symptoms, qui combine mohair, soie, alpaga, mérinos, velours, caoutchouc, viscose, cuivre et fils de polyester transparent tissées au moyen d’un métier Jacquard sur une chaîne en coton. Un extraordinaire assemblage qui permet les multiples superpositions visuelles dans ses tapisseries. 

Né en 1975 à Kouvola (Finlande), Kustaa Saksi vit et travaille à Amsterdam. Il a exposé au Victoria & Albert Museum (2009), au musée Cooper Hewitt (2016) entre autres. Sa précédente exposition, Hypnopompic (2013) a été montrée dans plusieurs villes du monde - notamment au Botanique à Bruxelles. 

N’oubliez pas de jeter un coup d’œil aux quelques pièces de design dispersées ici et là dans le reste de l’espace de chez Spazio Nobile. Coup de cœur pour les vases en verre fondu à cire perdue de Garnier & Linker.  L’ensemble est splendide, courrez-y vite ! 

 

Kustaa Saksi 
First Symptoms 
Spazio Nobile 
142 rue Franz Merjay
1050 Bruxelles 
Jusqu'au 8 septembre
(attention, la galerie est fermée du 15 juillet au 25 août)

Du mercredi au samedi de 11h à 18h 
www.spazionobile.com

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Caroline Razafimanantsoa

Journaliste

Diplômée en histoire de l’art de l’université Paris-Nanterre et titulaire d’un master complémentaire en diffusion des œuvres d’art contemporain de l’IESA, c’est la benjamine de l’équipe. Arrivée en 2017, elle est aujourd’hui assistante de rédaction. Elle écrit régulièrement sur les expositions qui ont attisé sa curiosité. Avec un petit penchant pour l’art contemporain et les arts émergents.