Portrait de collectionneur : Luc Freché

Saskia Vanderstichele
12 janvier 2016
Sa première œuvre, Luc Freché l’achète à 16 ans. C’est une toile de Paul de Gobert. Il travaille durant ses vacances scolaires pour la payer. Cela fait 45 ans qu’il collectionne. Il apprécie la peinture, la sculpture, l’objet… Il a étudié à l'IAD (Institut des arts de diffusion) et a travaillé comme cinéaste avec Marcel Broodthaers et Chantal Akerman. En contact constant avec les créatifs de tous bords, il a toujours suivi les mouvements et recherches artistiques. « Je me définis plutôt comme un collectionneur de découvertes. Les artistes confirmés qui sont dans ma collection, je les ai achetés à leurs débuts. Ce qui permet d'ailleurs d'acheter à un prix supportable.

Une collection, c'est très personnel. Pas d'obligation de suivi historique comme un musée ou de marketing comme une galerie. Ca se construit au fil d'une vie. Je me considère comme un amateur, dans le bon sens du terme. L’important, c’est d’abord la pièce : est-ce que l'œuvre me parle ? Y a t-il un contact qui se fait ? Ca ne s'apprend pas de savoir appréhender une œuvre d'art, c'est inné ! Le nom de l'artiste vient après. Si vous aimez l'objet, vous ne pouvez pas attendre de savoir si l'artiste va monter. Le plaisir de la découverte, c'est aussi d'avoir été clairvoyant avant tout le monde. » Luc Freché achète en galerie, dans l'atelier des artistes et très rarement en foire. Les foires aujourd'hui servent surtout à diffuser de l'information et à former l'œil, dit-il.

















 

Saskia Vanderstichele