Vullo en réseaux

Muriel de Crayencour
24 février 2017
Angelo Vullo se voit offrir un solo show à la MM gallery, qui poursuit sa présentation d'artistes strictement abstraits. C'est passionnant de voir comme l'abstraction née avec le XXème siècle est encore vive aujourd'hui.

Si l'abstraction est née avec des artistes comme Malevitch, Kandinsky, Mondrian aux prémices du XXème, elle continue d'intéresser de nombreux artistes aujourd'hui. Avec le retour de la peinture comme médium, il y a là toutes les conditions pour de nouvelles expérimentations.

Les peintres abstraits désiraient enlever toute notion de description réaliste. C'est cette voie que choisit Angelo Vullo pour peindre sans relâche ses réseaux sur toile. A l'aide de masking tape, il trace des lignes à la peinture à l'huile, puis, après plusieurs jours de séchage, une deuxième couche de lignes, qui vont croiser les premières. Ainsi, au fil du processus, c'est une forêt profonde qui se crée, de celles dans lesquelles ont peut s'enfoncer. Etrangement, cette volonté de non figuration ouvre à tous les possibles de la poésie, comme on l'avait vu chez chez André Lambotte à la Galerie Faider, par exemple. Avec une troupe réduite d'outils : couleurs, toile, lignes et formes géométriques, Vullo se détache de tout ego et entre dans une transe purement formelle. Les teintes, leur transparence, leur juxtaposition, la profondeur de champ sont questionnées sans fin d'une toile à l'autre. Dans ce réseau de lignes, pigments et lumière jouent une partition sans cesse renouvelée.

Né en Belgique en 1961, Angelo Vullo a étudié les Arts Plastiques entre 1977 et 1984 à l’Institut Saint Luc puis à l’ERG. Il commence à peindre dans les années 1980 puisant son inspiration dans l’ornementation.
Angelo Vullo
MM Gallery
68 place du Jeu de Balle
1000 Bruxelles
Jusqu'au 5 mars

Du vendredi au dimanche de 11h à 17h
www.mmgallery.be











 

Muriel de Crayencour

Rédactrice en chef

Voir et regarder l’art. Puis transformer en mots cette expérience première, qui est comme une respiration. « L’écriture permet de transmuter ce que l’œil a vu. Ce processus me fascine. » Philosophe et sculptrice de formation, elle a été journaliste entre autres pour L’Echo et Marianne Belgique. Elle revendique de pouvoir écrire dans un style à la fois accessible et subjectif. La critique est permise ! Elle écrit sur l’art, la politique culturelle, l’évolution des musées et de la manière de montrer l’art. Elle est aussi artiste. Elle a fondé le magazine Mu in the City en 2014.