Félix Hannaert au croisement de la couleur

Muriel de Crayencour
29 janvier 2021

Il vous reste une semaine pour aller vous rincer les cils dans la lumière des propositions picturales de Félix Hannaert à la Galerie Faider. Aux cimaises, petits et grands formats dans des palettes subtiles qui vous emportent.

Félix Hannaert a depuis longtemps rejeté l'idée de représenter des choses ou des portraits. Il se consacre à la ligne et la la couleur, c'est-à-dire à la structuration de la toile et aux effets des associations de teintes. "En me défaisant du narratif, du littéraire, j'espère mettre en œuvre des formes qui auront une résonnance moins couleur locale, plus universelle, c'est la raison pour laquelle la plupart de mes travaux sont mentionnés sans titre (...) Ce qui importe c'est l'agencement structurel obtenu avec les différents composants mis en œuvre pour visualiser une pensée", écrit l'artiste en avant-propos du catalogue édité par les Editions du CEP.  

Tout s'éclaire quand on apprend que Félix Hannaert a fait des études de chimie. Son choix de la peinture alkyde, (peinture murale à base d'eau) nous donne un aperçu de ses recherches pour obtenir les délicates transparences qui prévalent à toutes ses peintures. Cette transparence serait l'élément rassembleur, central et constitutif de ses œuvres. Ici, dans une gamme de bleus intenses, de larges bandes de couleurs voisines se croisent en verticales et horizontales. Là, des verts profonds virent au brun dense. Chaque couche est translucide et laisse vivre la teinte posée juste avant. Chaque surface ainsi créée par le croisement des lignes va-t-elle vivre de sa propre identité, subtilement différente de celles qu'elle côtoie? Les voisinages et associations sont étudiés pour obtenir des transitions crémeuses. A l'étage, belle comme un soleil, une toile dans les jaunes, irradie ses croisements de couches de couleurs presque jumelles et lumineuses. Se dire que des lentes recherches et expérimentations peut émerger une toile aussi vibrante, rayonnante, qui semble vous réchauffer, est extrêmement réjouissant. 

Félix Hannaert
Galerie Faider
12 rue Faider
1060 Bruxelles
Jusqu'au 6 février
Du mercredi au samedi de 14h à 18h
www.galeriefaider.be

Muriel de Crayencour

Rédactrice en chef

Voir et regarder l’art. Puis transformer en mots cette expérience première, qui est comme une respiration. « L’écriture permet de transmuter ce que l’œil a vu. Ce processus me fascine. » Philosophe et sculptrice de formation, elle a été journaliste entre autres pour L’Echo, Marianne Belgique et M Belgique. Elle revendique de pouvoir écrire dans un style à la fois accessible et subjectif. La critique est permise ! Elle écrit sur l’art, la politique culturelle, l’évolution des musées et sur la manière de montrer l’art. Elle est aussi artiste. Elle a fondé le magazine Mu in the City en 2014.

Articles de la même catégorie