Alexandra Duprez, pensées

Muriel de Crayencour
31 mai 2018

A voir chez Pierre Hallet, la belle peinture méditative d'Alexandra Duprez, artiste française que le galeriste expose depuis une vingtaine d'années. Jusqu'au dimanche 3 juin.

Née en 1974 à Quimper, Alexandra Duprez vit et travaille à Douarnenez. Lors d'un séjour d'un an en Australie à 17 ans, elle découvre la peinture aborigène et commence elle-même à peindre. Près de trente ans après, le point répété est encore au cœur de sa création. Avec une économie de moyens et de couleurs : juste du bleu et du blanc, parfois une touche de rouge, l'artiste creuse une veine introspective, la peinture devient comme un mandala, qui transforme celle qui le réalise au fil de sa production. Sur la grande peinture qui a les honneurs du carton d'invitation, un immense masque rond aux yeux fendus. Une bouche toute petite, cernée de points, touches blanches posées les unes après les autres, traçant les pensées de l'artiste et peut-être du personnage dont elle fait le portrait. Une peinture qui mène à la méditation, à l'introspection. Là, des dizaines de mains, paume ouverte, blanches sur fond bleu. Et soudain d'autres paumes, rouges, formant comme un continent sur une carte du monde. Rien de violent, juste comme un appel, un petit cri presque tendre, un salut.

"Jumeaux, chevelures, cabanes, main gauche - main droite, ombres, ondes…  Progressivement depuis quinze ans, il m’est apparu que je prenais à mon compte des choses  enfouies, oubliées parfois, de l‘histoire des images et de mon histoire sans doute aussi," explique Alexandra Duprez.

Puis de très petits formats, très touchants, visages, corps morcelé, petites mains encore. A voir.

Alexandra Duprez
Galerie Pierre Hallet
33 rue Ernest Allard
1000 Bruxelles
Jusqu’au 3 juin
Mardi, jeudi, vendredi de 14h30 à 18h30
Samedi de 11h30 à 18h30, dimanche de 11h30 à 13h30
http://www.galeriepierrehallet.com/

 

Muriel de Crayencour

Rédactrice en chef

Voir et regarder l’art. Puis transformer en mots cette expérience première, qui est comme une respiration. « L’écriture permet de transmuter ce que l’œil a vu. Ce processus me fascine. » Philosophe et sculptrice de formation, elle a été journaliste entre autres pour L’Echo, Marianne Belgique et M Belgique. Elle revendique de pouvoir écrire dans un style à la fois accessible et subjectif. La critique est permise ! Elle écrit sur l’art, la politique culturelle, l’évolution des musées et sur la manière de montrer l’art. Elle est aussi artiste. Elle a fondé le magazine Mu in the City en 2014.