Antica Namur revient aux contacts

Gilles Bechet
13 novembre 2021

Antica Namur, la foire d'art et d'antiquités de Namur, a ouvert ses portes après une longue pause inaugurant la saison des salons par une très belle sélection éclectique.

C'est avec une certaine euphorie que les 105 exposants d'Antica Namur ont déballé leurs trésors pour un retour de la foire. Après cette pause forcée de 15 mois, ils étaient impatients de retrouver le contact et les échanges avec les amateurs et les collectionneurs. « Tout le monde se disait : enfin ! », confirme Diane Kervyn, directrice de la foire. Cette 44e édition d'Antica Namur est clairement une édition de transition. Bousculé par le confinement et les évolutions technologiques, le marché de l'art investit d'autres circuits avec l'apparition de Digital marketplaces et la présence plus affirmée des marchands et galeries sur les réseaux sociaux.


Beaucoup viennent pour acheter

Première grande foire belge à ouvrir après le confinement, Antica Namur joue son rôle de baromètre de la saison des salons. Si les participants sont légèrement moins nombreux que lors de l'édition précédente, public et collectionneurs n'ont pas boudé le plaisir des retrouvailles, s'il faut en croire les ventes déjà réalisées lors des journées de préouverture. Plus encore cette année, le comité de sélection a été attentif à offrir une diversité d'objets et d'époques, avec notamment une présence plus affirmée des arts décoratifs et d'œuvres modernes et contemporaines, censées toucher un public plus jeune.

Antica Namur s'est toujours distinguée des autres foires par la place laissée au mobilier, et plus particulièrement cette année aux pièces du 18e. Généraliste et éclectique, la foire expose aussi de la sculpture, de l'argenterie, de l'art asiatique et africain, de la peinture, de la joaillerie, des montres et des stylos. A Antica Namur, le public est essentiellement belge, du Nord et du Sud, et beaucoup viennent pour acheter. « Nous avons une public d'amateurs d'art et de collectionneurs fidèles », assurent-ils. Beaucoup de décisions d'achat se font sur la foire, c'est pourquoi trois experts sont présents en permanence. « Ils donnent des conseils sans s'exprimer sur les prix. Ça rassure les gens. » Des prix, il n'en est pas question non plus au stand des musées de la province qui, depuis de quinze ans exposent leurs nouvelles acquisitions ou des pièces jamais ou très peu montrées, comme la superbe Vierge de Mierchamps, un bois polychrome de la deuxième moitié du 12e siècle.


Mélanger styles et époques

Comme dans les intérieurs contemporains, les galeries aiment mélanger styles et époques. Du mobilier classique avec des pièces contemporaines, une tapisserie d'Aubusson avec un sofa de Tito Agnoli ou les ébouriffants moutons métalliques d'Emmanuel Fleury chez Arnaud Alexandroff, un panneau d'azulejos avec des angelots liégeois du 18e en fonte chez Arnaud et Sylvie de Spa. Chez Zebres encore, une superbe commode arlésienne du 18e est surplombée d'un collier contemporain de Bénédicte Vallet. Au détour des allées, on s'arrête en Suède chez Deulin Antiques. Simon de Harlez s'y rend tous les trois ou quatre mois et ramène du mobilier ancien avec sa peinture d'époque, comme ce cartel rococo surplombant un vase en porphyre. La galerie New Hope expose quelques belles pièces du designer américain d'origine japonaise George Nakashima, une console inspirée du style shaker et deux tables en bois tranchées dans un tronc. Chez les Anversois de modern living, une première édition très rare du flag Halyard du Danois Hans Wegner. On peut trouver des montres de collection, éditions limitées de Jaeger-LeCoultre chez Riondet, des porte-plumes à La Tradition de l'Ecriture, ou de la joaillerie contemporaine comme l'époustouflante et kitsch cage à oiseau de Mellerio chez Alain Pautot. La sélection de Patrick Martin, un antiquaire de Toulouse, fait preuve d'une belle originalité avec un intrigant cabinet en marqueterie 17e originaire d'Amérique du sud ou ces quatre hauts miroirs d'entre-deux rehaussés de sculptures évoquant les quatre saisons.

Chez Ruyter-Goyvaerts, une très rare horloge de nuit italienne de la fin du 17e. Sur ce dispositif sans aiguille, c'est une chandelle qui illumine de l'intérieur les chiffres découpés actionnés par un fin mécanisme. Chez le même exposant, on peut aussi admirer des boites à musique suisses du 19e. La petite musique du temps qui file et on n'a pas fini de regarder tout ce qu'Antica Namur a encore à montrer.

 

Antica Namur
Namur Expo
2 avenue Sergent Vrithoff
5000 Namur
Du 13 au 21 Novembre 
Du lundi au vendredi de 13h à 19h
Samedi et dimanche de 11h à 19h
www.antica.be

Gilles Bechet

Journaliste

Il n’imagine pas un monde sans art. Comment sinon refléter et traduire la beauté, la douceur, la sauvagerie et l’absurdité des mondes d’hier et d’aujourd’hui ? Écrire sur l’art est pour lui un plaisir autant qu’une nécessité. Journaliste indépendant, passionné et curieux de toutes les métamorphoses artistiques, il collabore également à Bruzz, Bazar Magazin et C!RQ en Capitale.