Art Paris 2021 : la figuration fait un tabac !

Véronique Godé
21 septembre 2021

Art Paris peut se féliciter d’avoir ouvert le bal des grands salons d’art européens, enregistrant un record absolu de fréquentation avec près de 73 000 visiteurs pour 140 galeries conviées au Grand Palais Éphémère – dont la plupart en ressortent boostées par l’engagement des collectionneurs autant privés qu’institutionnels. Souhaitons que cette 23e édition ne soit en aucun cas une tempête dans un verre d’eau, et qu’elle redonne une belle impulsion à la peinture figurative qu’on croyait délaissée. Qu’elle redynamisera peut-être un écosystème beaucoup plus vaste que la crise n’a pas laissé indemne. L’édition 2022 prendra l’écologie pour thème, une opportunité peut-être d’y découvrir une plus grande diversité de formats, d’engagements, de matériaux et de médias.

Dimanche 12 septembre : il est 19 h passées, et après 4 jours de foire, l’atmosphère est encore fébrile sur les stands et dans les allées bondées, tandis que les collectionneurs et les badauds reprennent un peu d’oxygène sous un soleil radieux, dans le jardin privatisé d’une parcelle du Champ-de-Mars. Qui pourrait penser que nous traversons une crise ? Aux côtés de poids lourds de l’art moderne – nouveaux venus à la foire parisienne –, de jeunes enseignes ne cessent d’aligner les points rouges dans leurs lutins laissés grands ouverts avec désinvolture tandis que les galeristes ne savent où donner de la tête.

72 756 visiteurs ont été enregistrés à la fermeture contre 63 257 visiteurs en 2019 – année de référence pour la foire parisienne et 56 000 visiteurs en 2020, année de la pandémie. « Des galeries habituées comme Templon ont déclaré y avoir fait leur meilleur chiffre d’affaires, avec une vingtaine d’œuvres cédées dans une gamme de prix allant de 20 000 à 120 000 euros, tandis que Kamel Mennour et la Galleria Continua, qui participaient pour la première fois au salon, ont déjà annoncé leur intention de revenir l’an prochain », relaie dans son communiqué la direction d’Art Paris. Idem pour les galeries Mayoral ou Daniel Boulakia, décidées à renouveler l’expérience en 2022. Plus d’une vingtaine d’enseignes d’art moderne conviées à cette 23e édition renforçaient ainsi l’offre auprès de collectionneurs privés, mais aussi d’institutionnels dont la fréquentation aurait augmenté de 25 %. La Tête bicéphale dite Barbu Müller, d’Antoine Rabany (1900), proposée par la J.P. Ritsch-Fisch Galerie et annoncée comme record de prix aurait été acquise pour la somme de 400 000 euros par une collection française. Il était en outre assez réjouissant, dans une foire d’art moderne et contemporain, de croiser au détour d’une allée, des portraits petits formats, très rigolos, de Pablo Picasso.

Mais ce sont avant tout de jeunes artistes émergents ou tout juste sortis d’école d’art – hommes ou femmes – qui firent le buzz d’Art Paris : ainsi les toiles, pour la plupart réalisées en 2021, de François Malingrëy, né en 1989 et révélé au salon de Montrouge en 2015, se sont vendues entre 2 500 et 23 000 euros, sur le stand Le Feuvre & Roze, dans un solo show « totalement sold out », m’annonce le directeur de la galerie à la fois comblé et désolé. « L’exposition de François Malingrëy, La chambre rouge – une série de mises en scène de corps et de situations intrigantes autour du tableau Nu dans la chambre rouge, peint par Wallotton en 1897 (ndlr) –, se poursuit à la galerie, jusqu’au 18 septembre, au 164 rue du Faubourg-Saint-Honoré », dit-il, me tendant le catalogue de l’exposition comme pour s’excuser de ne pouvoir me céder une toile. (...)

Dans le cadre d’un partenariat avec Arts Hebdo Medias, un site français d’information dédié à l’art contemporain, nous vous proposons de lire la suite de cet article  sur www.artshebdomedias.com

Véronique Godé