Dans l'atelier de Geneviève Asse

Muriel de Crayencour
08 décembre 2020

Grande dame de l’abstraction agée de 97 ans, Geneviève Asse a grandi sur la presqu'ile de Rhuys dont les paysages l'ont fortement marquée. Installée dès 1932 à Paris, elle entre en 1940 à l'École nationale des arts décoratifs. Elle travaille dans les ateliers de Montparnasse et expose au Salon des moins de trente ans et au Salon d'automne.

Engagée dans les FFI, elle devient conductrice ambulancière pour l'évacuation des déportés du camp de Terezin. A l’issue de la guerre, durant laquelle elle s’est illustrée héroïquement, elle renonce à la figuration pour l’abstraction, ne voulant plus peindre l’horreur des hommes. Après la guerre, elle revient à Paris et dessine pour les maisons de tissus Bianchini-Ferrier, Flachard, Paquin. Elle rencontre Samuel Beckett, André Lanskoy, Serge Poliakoff, Serge Charchoune, Nicolas de Staël, Bram et Geer van Velde. Sa première exposition personnelle a lieu en 1954 à la galerie Michel Warren à Paris. Personnalité discrète, observée et soutenue par de fidèles amis : Morandi et Beckett, elle développe une peinture toute en apparente douceur, déclinant les monochromes du blanc vers les bleus les plus subtils, en quête d’un infini onirique toujours inspiré par le ciel et la mer. Geneviève Asse, parallèlement à sa peinture, développe une œuvre graphique importante et illustre de nombreux écrivains (Beckett, Frénaud, André du Bouchet, Ponge, etc.). 

Visite, avec quelques photographies, dans son atelier de Paris.

Une double exposition lui rend hommage : à Bruxelles, à la Laurentin gallery : Geneviève Asse : peinture / dessin / gravure, jusqu'au 30 janvier 2021 et Geneviève Asse : de 1950 à 2010, jusqu'au 19/12/2020 à la Galerie Laurentin, Paris.

Muriel de Crayencour

Rédactrice en chef

Voir et regarder l’art. Puis transformer en mots cette expérience première, qui est comme une respiration. « L’écriture permet de transmuter ce que l’œil a vu. Ce processus me fascine. » Philosophe et sculptrice de formation, elle a été journaliste entre autres pour L’Echo, Marianne Belgique et M Belgique. Elle revendique de pouvoir écrire dans un style à la fois accessible et subjectif. La critique est permise ! Elle écrit sur l’art, la politique culturelle, l’évolution des musées et sur la manière de montrer l’art. Elle est aussi artiste. Elle a fondé le magazine Mu in the City en 2014.