Denis Dailleux, des rives du Nil au Ghana

Jean-Luc Masse
10 octobre 2019

Box Galerie expose actuellement les travaux du photographe français Denis Dailleux. Au fil des deux séries présentées, la première consacrée à l’Egypte, la seconde au Ghana, l’artiste nous offre sa vision subtile et tendre mais sans complaisance.

« La première ébauche de mon travail n’est pas un choix politique, mais un choix amoureux. Je suis tombé amoureux en Égypte, de l’Égypte. Durant mon premier séjour, je découvrais le plaisir du luxe à l’orientale, les soirées au bord du Nil, la musique, l’odeur des lauriers-roses, mais, d’un autre côté, j’ai découvert les gens, leurs maisons, leurs conditions de travail. Depuis mon premier séjour en 1992, ma vision de l’Égypte et de son peuple n’a pas changé. Je continue à m’intéresser aux mêmes personnes. Ce sont elles qui m’importent, ce sont elles que j’éclaire. J’ai choisi de les sublimer par un travail minutieux de mise en situation, de perspective. Le Ghana, c’est à travers le très beau livre que Paul Strand a consacré à ce pays que je l’ai découvert. Ce fut un choc et je me suis dit qu'un jour, moi aussi j’irais découvrir et photographier ce pays. »

Ces mots de Denis Dailleux résument à eux seuls ce que l’on éprouve en découvrant les photographies de ce portraitiste qui parvient à transmettre une sensibilité à la fois forte et subtile dans ses œuvres, où l’on décèle un juste équilibre entre la prise de vue sur le vif et le portrait posé, presque hiératique. Fuyant le pittoresque, il parvient à cerner au plus près l’humanité profonde de ses sujets, leur noblesse, qu’il s’agisse du quartier populaire de Gamaleya au Caire ou de la région d’Ashanti au Ghana. Pêcheur, enfant, danseuse, serveur, vendeur de rue, mère et fils, chaque photographie de Denis Dailleux laisse transparaître une réelle rencontre avec son sujet, une proximité, voire une complicité, dans des régions qui ne s’apprivoisent pas forcément au premier abord.

Denis Dailleux, membre de l’Agence Vu, travaille exclusivement en argentique, plus précisément à l’aide d’un Mamiya C330, car le numérique lui donnerait le sentiment de perdre son âme, même s’il utilise son smartphone comme un cahier de croquis qui lui permet de consigner ses impressions, ses recherches visuelles. Souvent en couleurs, parfois en noir et blanc, ses tirages au format carré 6x6 sont de toute beauté. Poussez la porte de Box Galerie, vous embarquerez pour un magnifique voyage au cœur de l’humain, loin de l’exotisme de pacotille.

Denis Dailleux
Box Galerie
102 chaussée de Vleurgat
1050 Bruxelles
Jusqu’au 26 octobre
Du mercredi au samedi de 12h à 18h
www.boxgalerie.be

 

Jean-Luc Masse

Journaliste

Journaliste passionné d’art sous ses diverses expressions, avec une prédilection pour la photographie. La pratiquant lui-même, en numérique et argentique, il est sensible à l’esthétique de cet art mais aussi à ses aspects techniques lorsqu’il visite une exposition. Il aime rappeler la citation d’Ansel Adams : « Tu ne prends pas une photographie, tu la crées. »