Dessine-moi un manuel

Muriel de Crayencour
19 février 2017

Le manuel de dessin spontané à l'usage des adultes vient de paraître aux Editions EME. L'autopictographie est une méthode d'accès au dessin libre mise au point par Serge Goldwicht et transmise depuis 12 ans dans les ateliers qu'il organise pour enfants et pour adultes.

Dessiner, savoir dessiner, savoir bien dessiner. Comme le chant, le dessin est la plupart du temps compris comme une aptitude à constamment améliorer, un savoir-faire. Alors, peu de gens savent vraiment dessiner. Disent-ils. Bien dessiner sans dépasser... cet impératif presque castrateur nous est imposé dès l'enfance. On observe que les enfants dès 4 à 6 ans perdent leur capacité à dessiner librement; alors qu'avant, ils peuvent tracer sans frein des formes qui expriment une intériorité et une sensibilité non rythmées par l'obligation de bien faire, la main étant directement reliée à leur être profond. De grands artistes passent toute leur carrière à déconstruire des savoir-faire pour retrouver cet élan créatif primordial.

Serge Goldwicht est plasticien et réalisateur. Dans ses ateliers de dessin spontané, l'idée est de retrouver le dessin libre, connecté à notre être le plus intime et le plus sauvage. Chaque atelier débute par l'invitation à tracer de simples points sur une feuille A4. Le but n'est pas de tenter de représenter quelque chose mais d'occuper l'espace de la feuille.

"Je vous invite à pointiller et même à marteler. Très vigoureusement. (...) Prenez et suivez un rythme. (...) Passez de temps en temps à autre chose, à des petits traits, des griffures. Promptement, sans y penser, sans vouloir faire joli, sans intention de dessiner quoique ce soit (...)" peut-on lire dans ce manuel illustré de plusieurs dessins, destiné aux thérapeutes et animateurs.

Le manuel de dessin spontané à l'usage des adultes | Serge Goldwicht | Editions EME | 24 x 15,7 cm | 142 pages | 15,50 € | http://www.eme-editions.be/

 

 

Muriel de Crayencour

Rédactrice en chef

Voir et regarder l’art. Puis transformer en mots cette expérience première, qui est comme une respiration. « L’écriture permet de transmuter ce que l’œil a vu. Ce processus me fascine. » Philosophe et sculptrice de formation, elle a été journaliste entre autres pour L’Echo, Marianne Belgique et M Belgique. Elle revendique de pouvoir écrire dans un style à la fois accessible et subjectif. La critique est permise ! Elle écrit sur l’art, la politique culturelle, l’évolution des musées et sur la manière de montrer l’art. Elle est aussi artiste. Elle a fondé le magazine Mu in the City en 2014.