Première édition du Different Strokes Festival à LaVallée

Muriel de Crayencour
01 mai 2021

Durant deux week-ends, le Different Strokes Festival dévoile une première édition audacieuse dans les locaux de LaVallée. On y découvre une petite vingtaine de duos (ou plus) d'artistes qui ont été invités à travailler ensemble au cœur de l'année 2020 et de ses confinements.

Alexia Struye est une artiste basée à Anvers. Avec le désir enthousiaste de rendre plus visibles les artistes femmes, elle a créé le FAC (Female Artists Club). Et elle a lancé il y a un an un appel à collaboration sur Instagram. "Je m’engage pour un monde de l'art novateur, décidé, confiant et intrépide qui raconte l'art des temps actuels, embrassant la diversité dans toute sa beauté et complexité. Avec un nom comme le Female Artists Club, cela veut dire que je me concentre sur le travail d'artistes féminines vivantes et une représentation culturelle diversifiée. Concrètement, j’organise des expositions, des festivals, des conférences, des visites guidées, des visites d'ateliers, des critiques littéraires, etc. dans le but de rendre l’art accessible à contempler, à ressentir, à comprendre ou à collectionner. Ces expériences artistiques donnent également lieu à des rencontres et des échanges entre différents acteurs du monde de l'art, tels qu’artistes, visiteurs, curateurs, galeristes et éducateurs", détaille-t-elle dans sa présentation. Son festival, à voir jusqu'au dimanche 9 mai, devait se déployer en une exposition, des débats, rencontres, talks... Pandémie oblige, cette première année se concentre sur une exposition, plutôt bien menée. On y découvre 17 duos d'artistes, de toutes nationalités et une palette large d'œuvres.

Dans la première salle de LaVallée, une première œuvre collective, impressionnante : deux toiles de 9 m de long pendant de chaque côté de la rambarde du premier étage. Hilde Vanhees et Pablo Hannon collaborent de manière spontanée, leurs dessins et collages s'entrecroisant et étant toujours en transformation. Comme ces deux grands panneaux où les formes peintes rappellent celles qu'ils avaient découpées lors de la collaboration initiale - un petit format papier présenté lui aussi. 

Jelle Michiels et Lieven Hendrickx présentent un des phares que Jelle fabrique avec des éléments de récupération. Lieven a utilisé ces éléments comme empreinte pour un travail d'impression, faisant rouler les cônes de béton.

A l'étage, notons la belle poésie des propositions délicates de Maïté Van Keirsblick et Tito Casella Dos Santos. Tito a 9 ans, c'est le fils de Maïté. Déguisé en oiseau, il s'amuse à prendre des poses libres que sa mère photographie. Ensuite, ces photos sont rehaussées par des éclats de couleurs, comme des minéraux précieux, le tout enchâssé dans un pavé de résine. 

Dans la salle du fond, Alexia Struye et Isabella Theys présentent Kinnekesuiker, une peinture d'un petit garçon mangeant ce qui semble des sucreries. Ce sont en fait des motifs d'une photographie qu'Alexia a prise sur le tarmac d'un aéroport. Entropy Wired est une pièce en textile, une sorte de pixellisation tissée à partir d'une première œuvre peinte. C'est le travail de Foodforfools, un trio composé de LIX, Charlotte Dossche, Basten Basstanie

Dominique Barberis a contacté Inge Roggeman dont elle admirait le travail, pour ce projet de travail collectif. Les créations textiles de Roggeman prennent la forme d'étranges créatures, parfois humaines, parfois plancton. Barberis leur a inventé à chacune une île, sur laquelle elle aurait pris vie. 

Different Strokes Arts Festival
LaVallée
51 rue de la vallée
1000 Bruxelles
Jusqu'au dimanche 9 mai
Samedi et dimanche de 13h à 18h
www.femaleartistsclub.art

Muriel de Crayencour

Rédactrice en chef

Voir et regarder l’art. Puis transformer en mots cette expérience première, qui est comme une respiration. « L’écriture permet de transmuter ce que l’œil a vu. Ce processus me fascine. » Philosophe et sculptrice de formation, elle a été journaliste entre autres pour L’Echo, Marianne Belgique et M Belgique. Elle revendique de pouvoir écrire dans un style à la fois accessible et subjectif. La critique est permise ! Elle écrit sur l’art, la politique culturelle, l’évolution des musées et sur la manière de montrer l’art. Elle est aussi artiste. Elle a fondé le magazine Mu in the City en 2014.

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