Dream Box : à vous de jouer !

Fabian Meulenyser
06 mars 2019

Après la très accomplie Get up, Stand up, qui concluait une année 2018 consacrée à l’irréverence et la désobéissance civile, le Millenium Iconoclast Museum of Art ou Mima consacre son sixième chapitre à interroger la réalité perçue. Vous l’aurez compris, vos sens et perceptions seront sollicités tout au long d’une Dream Box joueuse aux styles éclectiques.

En choisissant volontairement de limiter les informations à leur plus simple expression, les concepteurs ont voulu laisser au visiteur la liberté de ressentir sans être brouillés par les élucubrations vaseuses que l’on retrouve généralement dans les lieux d’art contemporain : une délicate attention qui colle bien avec l’image fresh du Mima, mais qui laissera peut-être les cartelophages incrédules (un effet collatéral sûrement voulu …)

Dès l’entrée, la bouche d’Elzo Durt (exécutée par Mark De Meyer) donne le ton. Entrez sans sourciller dans l’antre et votre cortex visuel sera titillé entre illusions optiques et lumières changeantes, le tout enrobé dans un univers punk et psychédélique à souhaits. Sortis des entrailles d’Elzo, ce sont les fantasmagories des Hell’O qui vous attendent au détour d’un Inner Space bipolaire. Un collectif qu’il n’est plus nécessaire de présenter sur ce site : l’esthétique singulière de leurs compositions s’est en effet révélée ces dernières années aussi à l’aise en galerie ou au musée que dans l’espace public.

Vient ensuite Le Magic Piano d’Escif, artiste activiste anonyme qu’on avait déjà pu voir lors de la première édition de la Biennale Asphalte. Une installation qui cherche à sensibiliser sur les dégâts humains considérables engendrés par l’exploitation du Coltan, un minerai présent principalement dans l’Est du Congo et utilisé dans la fabrication de composants électroniques que l’on retrouve dans nos smartphones. Et oui, on ne sort pas d’une année consacrée à interroger la société sans garder quelques pensées résiduelles ! Petit hic : l’installation faisait ses maladies de jeunesse au moment de notre visite et n’a pas donc pas dévoilé son contenu.

Pour ce sixième chapitre, la chapelle a été confiée à l’artiste visuel Felipe Pantone, avec une installation optique et cinétique qui convainc sans vraiment éblouir. Quand on sait le potentiel que cache la pièce centrale du musée, on ne peut pas s’empêcher d’éprouver un certain désappointement, qui a plus trait à l’univers artistique exposé qu’aux véritables qualités de l’artiste. Avant d’accéder à la collection permanente, la visite se clôture par une visite de la société Imabelpro Eurostom, fondée par Yvon Van de Put. En compagnie de Soclo, gomme qui fait étrangement penser à un caractère de la série animée South Park, vous serez invités à répondre à un questionnaire pour établir votre portrait psychologique en réalité augmentée : une plongée acidulée dans l’univers Corporate-Winner, concoctée avec une bonne dose d’ironie par le collectif Gogolplex et qui viendra conclure cette Dream Box sur une touche légère.

Voilà, vous savez tout. Maintenant, c’est à vous de jouer…

 

Dreambox
MIMA- Millenium Iconoclast Museum of Art
41 quai du Hainaut
1080 Molenbeek-Saint-Jean
Jusqu’au 1er septembre 
www.mimamuseum.eu

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Fabian Meulenyser