Un paradis sur Terre

Marie-Laure Desjardins
28 août 2019

Chaumont-sur-Loire accueille jusqu’au 3 novembre, la 28e édition de son Festival international des Jardins. Quelque 24 équipes composées de paysagistes, designers, scénographes, architectes, plasticiens… venus de Belgique, des Pays-Bas, du Japon, de Grande-Bretagne, des Etats-Unis, d’Italie, d’Autriche, du Vietnam, de Corée du Sud et aussi… de France, ont imaginé et réalisé (avec l’aide précieuse des jardiniers du Domaine) des parcelles d’Eden ! Toutes déclinées à partir du thème Jardins de Paradis.

Si chaque sélection du jury – présidé cette année par le prince Amyn Aga Khan – récompense l’originalité et l’intelligence des projets, ce n’est qu’une fois les jardins réalisés qu’il est possible d’en prendre l’exacte mesure. Chaque proposition de 2019 est un voyage qui incite le visiteur à la contemplation, à la découverte et à la réflexion. Si la nature est, par essence, au cœur du festival, il en va de même pour les préoccupations du monde. L’éphémère, la noirceur, le danger, l’artifice mais aussi la joie, la beauté, l’insouciance, l’espérance viennent innerver le festival. A noter, que le billet d’entrée donne accès à l’ensemble du Domaine. Notamment à la programmation du Centre d’arts et de nature. A ne manquer sous aucun prétexte.

Si le nombre de visiteurs du Domaine de Chaumont-sur-Loire croît chaque année, c’est que personne n’en ressort sans avoir envie d’y revenir. Encore et encore. Il suffit pour s’en convaincre d’attraper à la volée quelques réflexions. Les uns évoquent l’année précédente, les autres espèrent déjà l’an prochain. Sans compter ceux qui veulent faire connaître les lieux à leurs voisins, leurs amis, leurs enfants… Qu’ils aient un chapeau ou un parapluie à la main, rien n’altère l’enthousiasme de leur pas. Ici, l’habitude engendre l’étonnement et la réjouissance. Le patrimoine, la nature et les arts se vivifient les uns les autres. Qui dit mieux ? Quant au matin, le parc plein de rosée s’offre au regard, que dans les étages du château résonne l’Appel pour une nouvelle renaissance de Gao Xing Jian, que dans la Galerie basse du Fenil une lampe caresse inexorablement un tapis de lentilles d’eau (There is no darkness de Stéphane Thidet) et que dans les cuisines du Grand Velum bruissent les préparatifs d’une cuisine imaginative et savoureuse, le Festival international des jardins se prépare. Pas un seul de ses recoins n’échappe à l’œil vigilant de ses anges gardiens-jardiniers. Il leur faut non seulement entretenir, mais aussi réparer. La nuit est bien souvent propice à des événements inopinés : galopades d’animaux, vents indélicats, herbes indésirables qui s’invitent… Chaque jardin est l’objet d’une attention particulière, il doit pouvoir se développer au fil des semaines tout en respectant les prévisions de ces créateurs. Pour ceux qui ont la chance de voir le festival à des moments différents de l’année, l’expérience se renouvelle. Ni parfaitement identique, ni totalement différente. La nature est vivante, le festival aussi.

Dans le cadre d’un partenariat avec Arts Hebdo Médias, un site français d’information dédié à l’art contemporain, nous vous proposons de lire la suite de cet article sur https://www.artshebdomedias.com/article/un-paradis-sur-terre/

Marie-Laure Desjardins

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