Francis Bacon : un artiste-bête et pas bête

Estelle Magalhàes
11 avril 2021

Publié par le Fonds Mercator, en coédition avec la Royal Academy of ArtsFrancis Bacon : L’homme et la bête propose une nouvelle lecture de l’œuvre de l’artiste du XXe siècle au travers de son rapport à la bestialité. Michael Peppiatt, Stephen F. Eisenman, Catherine Howe, Anna Testar et Isabella Boorman y allient leurs connaissances afin de permettre au lecteur d’en apprendre tant sur l’œuvre que sur la vie tourmentée du peintre irlandais.

Si les trois articles de l’ouvrage, faisant office de première partie, exposent au moyen d’une documentation iconique exhaustive les multiples influences culturelles et artistiques de Francis Bacon, ils nous invitent aussi et surtout à cerner dans son œuvre une obsession constante de l’humain et de son animalité inhérente.

Le premier d’entre eux, rédigé par Michael Peppiatt, historien de l’art et ami de Bacon, adopte une approche biographique. Au fil du texte, nous découvrons le parcours d’un garçon campagnard en quête d’identité, d’un jeune homme découvrant les plus grandes capitales d’Europe et les paysages africains, et d’un artiste à la fois marqué et enrichi de ces expériences qui n’ont cessé de le confronter à ce qui constituera l’essence de son œuvre picturale.

Les deuxième et troisième articles, quant à eux, se focalisent respectivement sur les notions de cri et de nudité, dénominateurs communs entre l’homme et l’animal.

Agrémenté par l’un ou l’autre témoignage et des réflexions diverses, l’ouvrage devient une porte d’entrée dans l’imaginaire baconien que les auteurs ont organisé, dans la deuxième partie, selon les grandes thématiques abordées par l’artiste ; des furies à la corrida, en passant par la faune, les portraits déshumanisants, le mouvement corporel et le nu. Toutes convergent vers une seule et même préoccupation : la bête humaine.

Une chronologie détaillée et illustrée clôture l’ouvrage, lequel ne peut que nous engager dans sa lecture dès lors que, par un simple et furtif coup d'œil à son corpus d'images, il nous laisse d'emblée déconcertés. 

Francis Bacon : L'homme et la bête / Fonds Mercator / 28x23 cm / Couverture cartonnée / 160 pages / 39,95 € / https://mercatorfonds.be/

 

Estelle Magalhàes

Journaliste