La galerie didier Claes s’ouvre aux collectionneurs débutants

Gilles Bechet
26 mai 2020

Lancée en plein confinement par la galerie didier Claes, la plateforme digitale Young Collector propose une vitrine alléchante pour aider les collectionneurs débutants d’art africain classique à sauter le pas de la première acquisition.

Depuis plus de 25 ans, la galerie didier Claes est une des adresses de référence pour l’art africain classique à Bruxelles. Une notoriété qu’elle souhaite développer en ligne avec la mise en place de Young Collector, une plateforme qui propose aux collectionneurs débutants des pièces financièrement plus accessibles, dont l’authenticité et la provenance sont garanties par un certificat. La gestion de ce nouvel outil digital a été confiée à Jessica Quarato, qui occupait déjà depuis quatre ans le rôle de manager au sein de la galerie.

Un des premiers objectifs de Young Collector est d’élargir votre public ?
Souvent les collectionneurs qui débutent dans l’art africain hésitent à passer la porte d’une galerie comme celle de Didier Claes, par peur des prix et par peur de la notoriété qu’elle représente. On s’est dit qu’il serait intéressant de montrer que nous ne sommes pas uniquement une grosse galerie avec des pièces qui atteignent des prix très élevés, mais qu’on peut aussi être accessible à des collectionneurs débutants.

Ces « jeunes collectionneurs » ont-ils des attentes ou des besoins particuliers ?
Ils n’en ont pas encore, parce que beaucoup débutent. On a cependant pu constater que lorsqu’une pièce les intrigue, ils allaient chercher à la comprendre et à prendre plus de temps pour la regarder avant de l’acquérir. Cette prudence s’explique en partie par le fait qu’il s’agit souvent d’un premier achat.

Vous dites dans votre dossier de présentation que vous ne voulez pas vous limiter à la vente pour être aussi une plateforme d’échanges et de partages ?
Young Collector n’est pas une plateforme d’e-commerce avec son petit panier sur lequel on clique pour finaliser son payement. On veut aller plus loin en étant ouverts aux interrogations et aux craintes ainsi qu’au partage et à la joie de la découverte. C’est aussi un partage d’informations, avec les articles qu’on publie assez régulièrement sur des pièces ou des ethnies. Certaines personnes sont aussi venues vers nous pour se renseigner sur telle ou telle pièce dont ils ne savent pas toujours quoi penser. On va essayer de leur répondre ou peut-être de les aiguiller. Ce n’est pas tout à fait une expertise parce qu’on ne donne pas de document, mais on peut donner notre opinion.

Comment faites-vous le choix de vos pièces, il n’y a pas uniquement le prix ?
D’abord, c’est un choix de monsieur Claes, qui sélectionne des pièces dont l’esthétique réunit les critères de la galerie mais qui peuvent être vendus à des prix plus accessibles, c’est-à-dire entre 3.000 et 15.000 €, ce qu’on trouve rarement à la galerie.

Les fiches sont assez précises sur le pédigree de la pièce, est-ce important pour mettre l’acheteur potentiel en confiance ?
On veut miser sur la transparence. C’est déjà exceptionnel pour nous d’afficher les prix, on ne l’a jamais fait. On affiche aussi les provenance et identité de la pièce, pour être totalement clair et transparent. Cela donne un premier aperçu, c’est un peu comme quand vous êtes intéressé par une maison sur un site immobilier, vous avez un descriptif pour vous aider à prendre la décision.

Quelles sont les limites d’un tel outil ?
Ça va se définir avec le temps. Comme le prix est affiché, une négociation est possible, mais on essaie de ne pas trop descendre, sinon on serait en perte. On ne veut pas non plus descendre trop bas pour ne pas dévaloriser la pièce.

Quelle est votre position par rapport aux polémiques sur la provenance et le « droit de retour » des pièces ?
On s’efforce d’être transparent sur les provenances. Si on indique "collection privée", c’est parce qu’un vendeur ne veut pas se mettre en avant, mais on indique néanmoins le pays. Les questions sur la provenance font plutôt réagir la presse que des collectionneurs. On va répondre quand on nous interroge, mais sans entrer dans un grand débat qu’on ne veut pas tenir sur la plateforme. On reste juste vigilant en vérifiant qu’une pièce n’est pas liée à un trafic. On va essayer de toujours proposer des pièces qui ont été acquises légalement.

Quels sont vos objectifs ?
On est encore dans une période attentiste. C’est un peu difficile de fixer des objectifs dans cette période un peu anxiogène. On verra à long terme.

Didier Claes
Young Collector
14 rue de l’Abbaye
1050 Bruxelles
www.youngcollector.art

 

Gilles Bechet

Journaliste

Il n’imagine pas un monde sans art. Comment sinon refléter et traduire la beauté, la douceur, la sauvagerie et l’absurdité des mondes d’hier et d’aujourd’hui ? Écrire sur l’art est pour lui un plaisir autant qu’une nécessité. Journaliste indépendant, passionné et curieux de toutes les métamorphoses artistiques, il collabore également à Bruzz, Bazar Magazin et C!RQ en Capitale.