Retrouver le sens du beau avec Gao Xingjian

Samantha Deman
17 septembre 2019

Ecriture, peinture, théâtre, cinéma et photographie sont autant de champs créatifs explorés par Gao Xingjian au fil des quarante dernières années pour développer une œuvre à la fois intime et puissante, placée sous le signe de l’onirisme et de la poésie. Dans le cadre de sa Saison d’art 2019, le Domaine de Chaumont-sur-Loire consacre à l’artiste français d’origine chinoise une vaste exposition réunissant une quarantaine de toiles et de dessins à l’encre de Chine, une série inédite de clichés en noir et blanc pris lors d’un voyage de plusieurs mois entrepris à l’aube des années 1980, dans le sud de son pays natal – lors de ce périple, mûrit La Montagne de l’âme, ouvrage pour lequel il obtiendra le prix Nobel de Littérature en 2000 –, ainsi que des extraits de son travail cinématographique. Le titre choisi par Gao Xingjian, Appel pour une nouvelle Renaissance, fait écho aux célébrations des 500 ans de la Renaissance auxquelles participe le domaine et, surtout, à l’invitation lancée il y a plusieurs années par l’artiste à réveiller les consciences, et influer sur le destin du monde, grâce à la culture. Retour sur le parcours d’un créateur protéiforme, à l’enthousiasme communicatif.

28 mars 2019. Tout à la fois heureux et ému, Gao Xingjian, 79 ans, se prête de bonne grâce à l’exercice de la visite guidée de son exposition qui bientôt ouvrira ses portes, au cœur du château de Chaumont-sur-Loire (notre photo d’ouverture). "C’est une chance d’être exposé en ce lieu, joyau de la Renaissance, glisse-t-il dans un large sourire, avant de développer plus avant cet appel dont il s’est fait le fer de lance. De nos jours, on a besoin de retrouver le sens du beau, qui est profondément humain, pour pouvoir affronter les conditions et contraintes existentielles qui sont les nôtres. C’est à l’artiste d’en être conscient et de parvenir à une sublimation de l’esprit, de la créativité. Mais celui-ci peut-il vraiment réfléchir, montrer, donner et s’exprimer de façon indépendante de la loi du marché, loin des intérêts politiques immédiats ? Je pense que oui. J’emploie le mot renaissance dans son acception occidentale. S’il fait référence à une période de l’histoire – j’ai été fasciné par l’art de la Renaissance, sa sensibilité, sa sensualité, tellement présentes –, il ne s’agit pas d’y revenir, mais d’infiltrer, comme à l’époque, quelque chose de nouveau, sans pour autant faire table rase de ce qui a précédé. Il faut réfléchir à ce que ça veut dire être humain. Il n’y a pas d’homme idéal, tout individu est fragile, faible. Peut-il être beau ? Ce questionnement est au cœur de cette nouvelle Renaissance. »

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Samantha Deman