Entretien avec Alex Reding

Muriel de Crayencour
12 novembre 2021

Alex Reding a fondé la Luxembourg Art Week en 2015 avec une vingtaine de galeries luxembourgeoises et des alentours. Cette année, pour sa septième édition, la foire n'accueille pas moins de 80 galeries et entraîne dans son sillage de nombreuses institutions culturelles de la ville, comme le Centre d'art Casino, le Mudam, l'Université de Luxembourg qui organise une conférence internationale sur les métiers de l'art, etc. Interview.

Pourquoi une foire de plus en Europe ?

De par sa situation centrale en Europe, sa situation économique florissante et sa population très internationale, il m’a semblé que la ville de Luxembourg ouvrait des perspectives intéressantes.

Quel public attendez-vous à la LAW ?

Nous n’attirons pas (encore) les grands collectionneurs, qui ont assez à faire avec la Fiac, Art Brussels, etc. Mais plutôt un public de gens nantis qui vont faire des achats coups de cœur. A Luxembourg ville, les postes à responsabilité sont aujourd’hui occupés à 75 % par un public international que nous ne connaissons pas et qui s’installe dans de grandes villas ou de grands appartements. Nous désirons les attirer à la LAW. Les 25 % restants, c’est la grande bourgeoisie luxembourgeoise, qui vient aussi à la foire.

Comment attirer ces publics ?

Nous avons beaucoup réfléchi sur les potentialités du marché. C’est sûr qu’avec une population réduite (100 000 habitants), il s’agit de diversifier l’offre. Nous avons été très attentifs à cela. Vous trouvez au fil des stands beaucoup de styles différents. Particulièrement dans la section TakeOff, où on montre aussi du street art.

Comment attirer les galeries internationales ?

Je pense qu’il y a trois points-clés dans la décision des galeries de participer à une foire : le temps, l’argent et la quantité de stress. Le galeriste va se demander combien de jours il bloque pour cette foire : une semaine, ou 3 jours (4 avec le montage) chez nous. Ensuite, nos stands sont deux fois moins chers que ceux d’Art Brussels et 3 trois moins chers qu’à la Fiac. Et ici, ils vont toucher un public nouveau pour eux.

Dans notre nouvelle section Focus, nous mettons en avant une ville des alentours en avant. Cette année, c’est Bruxelles (en 2020 aussi, pour l’édition entièrement en ligne). Ensuite, ça sera par exemple Metz, Milan, etc. C’est une manière d’attirer les galeries de ces villes.

Chaque année, nous faisons un sondage auprès des galeries participantes pour améliorer notre offre. Cette année, en raison des mesures Covid, nous avons un lieu plus grand, avec des allées plus larges et de grands stands allant de 25 à 100 m2. La circulation est donc très agréable et aérée.

Avez-vous un comité de sélection ?

Oui. Il est composé de galeristes, collectionneurs, directeurs d’institutions et de responsables de collections corporate. Nous avons essayé d’éviter le comité avec uniquement des galeries.

Vous avez ouvert en septembre une nouvelle galerie à Bruxelles. Comment faites-vous pour combiner tous vos projets ?

J'ai pris un peu de distance avec l'organisation de la foire depuis que Leslie de Canchy est devenue directrice et je prévois de m'investir de plus en plus dans ma galerie bruxelloise.

Quelle serait la foire voisine concurrente de LAW ?

Art Cologne ! Même si, en fait, toutes les foires se concurrencent.

 

Luxembourg Art Week
Du 12 au 14 novembre 
Luxembourgartweek.lu

 

 

Muriel de Crayencour

Rédactrice en chef

Voir et regarder l’art. Puis transformer en mots cette expérience première, qui est comme une respiration. « L’écriture permet de transmuter ce que l’œil a vu. Ce processus me fascine. » Philosophe et sculptrice de formation, elle a été journaliste entre autres pour L’Echo, Marianne Belgique et M Belgique. Elle revendique de pouvoir écrire dans un style à la fois accessible et subjectif. La critique est permise ! Elle écrit sur l’art, la politique culturelle, l’évolution des musées et sur la manière de montrer l’art. Elle est aussi artiste. Elle a fondé le magazine Mu in the City en 2014.