Jan Vanriet chez Polo

Muriel de Crayencour
19 janvier 2014

Le mécène, collectionneur et marchand d’art d’origine cubaine Roberto Polo, qui a si bien oeuvré à l’organisation du mécénat en faveur du théatre de La Monnaie, a ouvert sa première galerie d’art contemporain ce mercredi, au Sablon, avec une exposition de l’artiste anversois Jan Vanriet.

Vanriet, né en 1948, est l’héroïque survivant d’une campagne en faveur de l’art conceptuel dans les années 1990. Ce peintre narratif et poète a exposé à Bruxelles la dernière fois en 1996. Il a représenté la Belgique à la Biennale de Sao Paulo en 1979, à celle de Venise en 1984, ainsi qu’au Festival International d’Art du Musée d’Art contemporain de Séoul en 1990.  Ses œuvres figurent dans de nombreuses collections d’entreprises, institutionnelles, publiques ou privées et dans de nombreux espaces publiques.L’artiste pratique ce que les Américains appellent la « mauvaise peinture » – en fait, une peinture extrêmement sophistiquée, déguisée, maladroite, pour accentuer la narration. Plusieurs peintres symbolistes et surréalistes belges, tels que William Degouve de Nuncques et René Magritte, utilisèrent cette approche paupériste. Les thèmes qui l’obsèdent depuis le début sont l’homme et la nature oppressés par l’histoire qui ne cesse de se dérouler. Dans des teintes sourdes, les personnages qui peuplent ses toiles semblent vivre dans une profonde solitude. Flottants sur un fond sans structure ou posés sur un sol sombre et indéfini, ils déploient à chaque fois la sensation d’une histoire qui est en train de se dire, d’un moment capturé, souvent tragique. C’est d’une infinie poésie. 

 

Jan Vanriet
Roberto Polo Gallery
Bruxelles
Paru en 2012 dans L'Echo 

 

Muriel de Crayencour

Rédactrice en chef

Voir et regarder l’art. Puis transformer en mots cette expérience première, qui est comme une respiration. « L’écriture permet de transmuter ce que l’œil a vu. Ce processus me fascine. » Philosophe et sculptrice de formation, elle a été journaliste entre autres pour L’Echo, Marianne Belgique et M Belgique. Elle revendique de pouvoir écrire dans un style à la fois accessible et subjectif. La critique est permise ! Elle écrit sur l’art, la politique culturelle, l’évolution des musées et sur la manière de montrer l’art. Elle est aussi artiste. Elle a fondé le magazine Mu in the City en 2014.