João Farkas : le Brésil masqué

Jean-Luc Masse
30 mai 2019

La Casa do Brasil expose une sélection des travaux photographiques de João Farkas. Le carnaval de Maragojipe s’invite le long de l’avenue Louise: entrez dans la fête !

Le choc visuel est puissant, lorsque l’on pénètre dans la salle d’exposition de la Casa do Brasil, alias l’Ambassade du Brésil à Bruxelles : sur des pans entiers de murs, une série de personnages masqués vous fixent ostensiblement, mi-amusants, mi-inquiétants. Ces diablotins, tous pareils, tous différents, aux réminiscences africaines, ont été photographiés par João Farkas lors de plusieurs éditions du carnaval de Maragojipe, une municipalité de l'État de Bahia qui a donné son nom au célèbre café. Longues cornes aux couleurs flashy, nez en carotte, yeux ébahis, ces Caretas de Maragojipe, véritables icônes d’un art populaire, illustrent parfaitement les propos de l’artiste, qui a fait le déplacement pour le vernissage: «Je crois qu’aucun peuple au monde ne possède l’intimité et la liberté chromatique du Brésilien. Je ne sais pas si cela vient de la lumière, des couleurs du ciel, des arbres, des fruits.»

Ce magnifique travail du photographe a d’ailleurs servi de base visuelle à la conception du musée du carnaval inauguré à Salvador l’an dernier. Le plaisir de la découverte se prolonge enfin par un livre à la mise en pages haute en couleur, parfaitement en phase avec le déferlement bigarré des masques de Maragojipe tels que photographiés par João Farkas. L'artiste n’en est pas à son coup d’essai, loin de là. Lui-même fils d’un photographe originaire de Hongrie, il a été formé à l’International Center of Photography de New York début des années 1980 et s’est tourné vers la street photography, dont il a vite abandonné le noir et blanc traditionnel pour se plonger dans la richesse des couleurs.

L’exposition comprend un second volet, issu d’une commande entamée dès 2014 et qui vise à faire découvrir, au fil de plusieurs expéditions, la région du Pantanal, paradis écologique, grand comme un tiers de la France, noyé sous les eaux pendant quatre mois de l’année. Mais le coup de cœur, il faut plutôt le chercher du côté des masques de Maragojipe, d’autant que l’artiste se définit davantage comme portraitiste que paysagiste.

 

João Farkas
Brazil - Land & Soul
Casa do Brasil
350 avenue Louise
1000 Bruxelles
Jusqu'au 12 juillet
Du lundi au vendredi de 9h à 13h et de 15h à 18h

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jean-Luc Masse

Journaliste

Journaliste passionné d’art sous ses diverses expressions, avec une prédilection pour la photographie. La pratiquant lui-même, en numérique et argentique, il est sensible à l’esthétique de cet art mais aussi à ses aspects techniques lorsqu’il visite une exposition. Il aime rappeler la citation d’Ansel Adams : « Tu ne prends pas une photographie, tu la crées. »