La voie de la couleur

Muriel de Crayencour
05 février 2015

Des touches, des aplats, des reliefs de couleurs primaires ont été ajoutés sans limite sur une toile carrée, au couteau – un outil de peintre qu’affectionnait Nicolas de Staël et qui donne au geste de la main une acuité vive. Amassant du jaune vif, du vert cru sorti tel quel du tube, du rouge, de l’orange, du bleu réveillé par du blanc, Pascal Courcelles semble creuser sa voie dans la couleur. Il n’y a plus de sujet. C’est le rythme des couleurs entre elles, musical, comme un petit concerto de printemps, qui importe. Du magma des multiples couches de couleurs émergent quelques lignes. Ici, plusieurs bandes horizontales, larges et épaisses, ont été rehaussées de touches verticales. Le rapport entre les teintes contraires, le volume créé par la pâte de l’acrylique, qui parfois s’accroche à peine à la surface, rendent la proposition chantante, vivante.

Sommes-nous face à un paysage, une petite ville méridionale ? Face à un champ de fleurs ? Est-ce une foule bigarrée au bord de l’eau ? L’artiste donne des noms de villes à chacune de ses œuvres. Paris, Londres, New York, Bergamo, Nairobi... Sans doute tente-t-il de traduire une atmosphère pour chacun de ces lieux. Pourtant, chacun pourra mettre devant cette toile ses propres interprétations. Qu’elles soient l’idée d’une ville ou d’une émotion, d’un paysage ou d’un événement. Ces projections - qui font l’art si essentiel - face à l’œuvre, ne seront jamais sombres, car Courcelles peint dans la joie. Il n’est pas en quête d’expurger du monde de choses terribles, il n’expose aucune idée noire. Pascal Courcelles est un artiste belge né en 1956. Sa pratique le porte chaque jour sans discontinuer dans son atelier. Oser quotidiennement s’emparer de la couleur, de toutes les couleurs, ne croyez pas que ce soit une chose simple. Cela demande courage et ferveur. C’est un chemin, une voie, une quête dont nous pouvons admirer quelques majestueuses traces, aujourd’hui.

 

Pascal Courcelles
La couleur à son paroxysme
Galerie Fred Lanzenberg
9 avenue des klauwaerts

1050 Bruxelles
Jusqu’au 28 février
www.galeriefredlanzenberg.be

 

Muriel de Crayencour

Rédactrice en chef

Voir et regarder l’art. Puis transformer en mots cette expérience première, qui est comme une respiration. « L’écriture permet de transmuter ce que l’œil a vu. Ce processus me fascine. » Philosophe et sculptrice de formation, elle a été journaliste entre autres pour L’Echo, Marianne Belgique et M Belgique. Elle revendique de pouvoir écrire dans un style à la fois accessible et subjectif. La critique est permise ! Elle écrit sur l’art, la politique culturelle, l’évolution des musées et sur la manière de montrer l’art. Elle est aussi artiste. Elle a fondé le magazine Mu in the City en 2014.

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