L’appel de la forêt au Musée Zadkine

Juliette Soulez
17 décembre 2019

Après avoir été directrice du Musée Zadkine de 1996 à 2008 puis de 2016 à aujourd’hui, Noëlle Chabert retrouve, selon ses propres mots, sa liberté et devient commissaire indépendante. Le rêveur de la forêt est donc sa dernière exposition pour l’institution parisienne, conçue en collaboration avec Jeanne Brun. Elle vient clore une triade – faisant suite à Etre pierre et L’instinct de la matière – dédiée aux matérialités diverses de l’œuvre de Zadkine (1890-1967), dessinateur et sculpteur biélorusse qui résida avec sa famille, à partir de 1928, dans cette maison située entre le jardin du Luxembourg et le quartier du Montparnasse. De Picasso à Laure Prouvost, de Paul Gauguin à Hicham Berrada, l’exposition offre de savoureuses conversations entre une quarantaine d’artistes modernes et contemporains, à découvrir jusqu’en février prochain. Il faut souligner par ailleurs qu’un ticket commun, imaginé avec la Fondation Cartier, permet au visiteur de profiter également de l’exposition Nous les Arbres. Un vrai plus !


« La civilisation s’est faite contre la forêt, c’est le point de départ de l’exposition du Musée Zadkine, explique Noëlle Chabert, le vivant, le sauvage, le sacré qui perdure et que l’on ne peut évacuer, tout ce que la forêt contient de mystères : ces thèmes m’ont particulièrement intéressée. Nous sommes dans une civilisation où, depuis les Lumières, l’évolution montre que la rationalité ne peut tout résoudre, et la forêt contient également un univers obscur que l’on ne peut réduire. Pour Zadkine, c’est d’ailleurs un retour aux sources, dans cette dernière grande forêt primaire appelée Bieloslava en Biélorussie, qui date d’après la période glaciaire et qui a imprégné son enfance comme son œuvre. A propos de son Peuple de bois, il disait : “Le sculpteur conserve (pour ses œuvres) le parfum enivrant de la forêt”. » Et la commissaire de préciser : « L’idée était de mêler les disciplines et les époques, depuis le début de la Modernité, la fin du symbolisme, jusqu’à aujourd’hui. » Ainsi ne peut-on parler d’une rupture dans les préoccupations écologiques, avec la Révolution industrielle, mais plutôt d’une continuité de thématiques dans l’histoire de l’art qui aujourd’hui reviennent avec plus d’intensité.

Dans le cadre d’un partenariat avec Arts Hebdo Medias, un site français d’information dédié à l’art contemporain, nous vous proposons de lire la suite de cet article sur www.artshebdomedias.com

Juliette Soulez

Journaliste

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