Le collectif Co-legia de Prométhéa soutient la Triennale de Liège.

01 août 2020
Eva Evrard, Presse, 2020, photo E. Evrard

Huit entreprises mécènes de Liège, regroupées dans le collectif Co-legia de Prométhéa, ont décidé de soutenir la Triennale d’Art public en finançant la production et l’installation d’une œuvre dans le parcours.

Le Prix Co-legia se veut être un levier pour les initiatives artistiques, culturelles et innovantes, accessibles à tous, dans le Grand Liège. Constitué de huit entreprises liégeoises, ce collectif attribue chaque année un soutien de plus de 10 000 euros.

La Triennale d’Art public de Liège a lieu du 31 juillet au 31 octobre 2020. Pendant 3 mois, 18 œuvres sont accessibles gratuitement dans le centre-ville de la Cité ardente. Co-legia a choisi de soutenir l’artiste Eva Evrard en particulier et de lui consacrer la première partie du prix, soit 6.000 euros, pour son œuvre Presse. Il s’agit de 50 pièces en céramique qui représentent toutes un nez et une bouche. Elles seront placées autour du croisement des rues Sœurs-de-Hasque, Saint-Paul et Bonne Fortune. 

Au-delà de la création artistique, Co-legia a été sensible aux réflexions de l’artiste qui ont mené à cette réalisation originale. 

« Les murs ont des oreilles, dit-on; ici, ils ont un nez et une bouche. Prisonniers de la pierre, ces visages semblent exprimer la recherche désespérée d’une échappatoire pour pousser un ultime cri. Ont-ils quelque terrible secret à divulguer avant leur disparition dans la gangue qui les enveloppera bientôt ? Dans leur fragilité, leur gratuité, leur susceptibilité au temps, à la dégradation ou au vol, ces pièces sont les témoins éphémères d’un “ici et maintenant” citadin », nous explique Eva Evrard. L'artiste souhaite générer des interactions, avec les habitants du quartier d’abord, qu’elle a rencontrés lors de la pose des pièces sur les murs; avec le public ensuite, qui est amené à s’interroger sur le statut de l’œuvre d’art, les fondements de sa valeur et de son utilité, le rapport direct et intime entre l’œuvre et le regardeur.