Le pogo pictural de Nina Childress

Manon Schaefle
26 février 2022

Des crêtes, des poils, des statues en culotte, des Tupperware, Sylvie Vartan en « gueule cassée »… Body Body de Nina Childress est un programme imposant et savamment déstructuré. Un juste dosage de références pop et d’éléments autobiographiques brassés ensemble avec poigne. L’exposition rétrospective, qui se tient jusqu’au 20 août au Frac Nouvelle-Aquitaine, a pour fil conducteur le corps dans sa version la plus indomptée sous les coups de pinceaux d’une artiste que quarante années de pratique n’ont pas assagie.

« Peindre n’importe quoi si l’on veut que la peinture reste un peu excitante », tel est le mot d’ordre de cette artiste qui, toute sa vie, a fui l’ennui comme un péril mortel. Née en 1961 à Pasadena, en Californie, Nina Childress a dans les yeux une étincelle d’insolence qui fait fi de tout âge. Elle enregistre à son compteur de plasticienne hyperactive 1081 peintures. Ce qui, rapporté à ses quarante années de carrière, représente une moyenne de vingt-sept toiles par an. Considérant « toute cette matière derrière soi », comme elle le décrit dans une autobiographie non moins iconoclaste par Fabienne Radi, elle ne sait si elle doit s’en réjouir ou au contraire avoir honte. D’être « dotée d’un surmoi assez fort pour avoir eu l’énergie et le courage de faire tous ces tableaux ».

De la série des savons et bonbons acidulés ou gélatineux aux portraits amochés de stars, le monde de Nina Childress ressemble à s’y méprendre au nôtre. Il en est l’alter ego dérangé, le jumeau diabolique. Sous-entendue dès son titre, le thème du double et du dédoublement dans Body Body est omniprésent. Pour partie, il infuse une énergie singulière propre à la franco-américaine. Eprise de tocades, des engouements bizarres et passagers qui rythment sa vie depuis son plus jeune âge, Nina Childress est naturellement portée vers la loi des séries - obsessionnelle et compulsive. Le cheval à 12 ans, Dallas à 22, les régimes de 15 à 37 ans, l’opéra depuis ses 38… De même, sa pratique artistique consiste à s’approprier des éléments pour une durée plus ou moins brève. Et alors, elle les reproduit sous différents angles, lumières, styles, avec des ajouts ou suppressions, des difformités…

Dans le cadre d’un partenariat avec Arts Hebdo Medias, un site français d’information dédié à l’art contemporain, nous vous proposons de lire la suite de cet article sur www.artshebdomedias.com

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