Le Sultan et nous

Muriel de Crayencour
21 mars 2015

Les artistes de la Renaissance étaient attirés par l'Empire ottoman. Bellini, Dürer, Memling et Le Tintoret se sont laissés inspirer par la culture ottomane et par la splendeur et la faste de la vie à la cour des sultans.  Cette fascination pour l'autre se développe aussi chez les Ottomans. Relations culturelles et dialogues se développèrent. L'exposition L'empire du Sultan à voir au palais des Beaux-arts déploie en peintures, gravures, cartes, manuscrits, textiles, vaisselles, monnaies, tapis, objets en métal ciselé,... les images que chacune des deux entités se faisait de cet autre si étrangement accoutré, aux mœurs si fascinantes. Une exposition qui interroge la manière dont les peuples s'arrangent avec leur identité propre, face à celle des autres. Un très beau catalogue est édité pour l'occasion : L'Empire du Sultan. Le monde ottoman dans l'art de la Renaissance est un dialogue entre textes courts et illustrations. On y apprend que Constantinople constituait, dès le 15ème siècle une destination appréciée des artistes. Vénitiens d'abord, puis Flamands, ensuite, comme Pieter Coecke, dont on avait pu voir les gravures - traces de ses voyages - au Musée M de Louvain. Usage européen des tapis d'orient, vêtements et habitudes vestimentaires, entre autres, sont passés en revue. Eléphants et dromadaires sont représentés en gravure en version "si, si, je vous assure, c'est à ça que ça ressemble." Didactique et richement illustré.

L'Empire du Sultan. Le monde ottoman dans l'art de la Renaissance | Robert Born, Michal Dziewulski, Guido Messling | Lannoo - Bozar Books | Couverture rigide | 25 x 32 cm | 304 pages | 49,99 € | http://www.racine.be/fr/lempire-du-sultan
 

Muriel de Crayencour

Rédactrice en chef

Voir et regarder l’art. Puis transformer en mots cette expérience première, qui est comme une respiration. « L’écriture permet de transmuter ce que l’œil a vu. Ce processus me fascine. » Philosophe et sculptrice de formation, elle a été journaliste entre autres pour L’Echo, Marianne Belgique et M Belgique. Elle revendique de pouvoir écrire dans un style à la fois accessible et subjectif. La critique est permise ! Elle écrit sur l’art, la politique culturelle, l’évolution des musées et sur la manière de montrer l’art. Elle est aussi artiste. Elle a fondé le magazine Mu in the City en 2014.