Les rituels de Sixe Paredes

Muriel de Crayencour
24 février 2017

Au moment de sa première exposition chez Alice Gallery en 2007, l'artiste barcelonais Sixe Paredes était déjà une référence dans l'art urbain. C'est une peinture réalisée sur la façade de la Tate Modern à Londres pour l'exposition Street Art qui l'a véritablement révélé au grand public.

Sixe Paredes (1975, Barcelone) nourrit son inspiration de recherches sur les arts primitifs et archaïques. Les civilisations perdues, les rites et légendes anciennes ainsi que les arts populaires qui en sont imprégnés, comme le tissage ou la céramique, ont permis à l'artiste d'élargir sa palette de sens. Il est entre autres parti au Pérou où il a observé des rites ancestraux rendant hommage à la nature et aux montagnes. "Dans mon imagination, les montagnes et la nature m'ont offert l'inspiration pour plusieurs de mes travaux. J'aime l'idée de la montagne comme un endroit magique, le point de départ d'une transcendance, la nature comme un être vivant, ensemble avec tous ses éléments constituants", dit l'artiste.

Aux cimaises, de grandes peintures aux couleurs vibrantes, aplats vifs retouchés de motifs répétitifs - points, traits - et cernés de noir. S'y retrouve un motif stylisé de montagne, traversé par d'autres formes. On y reconnait des totems, des colliers de plumes, des flèches ou des costumes d'apparat. Sixe Paredes présente aussi de formidables compositions en textile, assemblages de laine teintée par lui-même, d'éléments en bois et en corde, sortes d'éléments votifs chargés d'histoires étranges, drapeaux témoins de rites oubliés. C'est vif, joyeux, graphique. Au centre de la galerie, une sculpture en bois peint reprend les mêmes couleurs et les mêmes motifs répétés. Mu aime !

 

Sixe Paredes
El Espíritu de la Montaña
Alice Gallery
4 rue du pays de Liège
1000 Bruxelles
Jusqu'au 13 mars
Du mercredi au samedi de 14h à 18h
www.alicebxl.com

 

Muriel de Crayencour

Rédactrice en chef

Voir et regarder l’art. Puis transformer en mots cette expérience première, qui est comme une respiration. « L’écriture permet de transmuter ce que l’œil a vu. Ce processus me fascine. » Philosophe et sculptrice de formation, elle a été journaliste entre autres pour L’Echo, Marianne Belgique et M Belgique. Elle revendique de pouvoir écrire dans un style à la fois accessible et subjectif. La critique est permise ! Elle écrit sur l’art, la politique culturelle, l’évolution des musées et sur la manière de montrer l’art. Elle est aussi artiste. Elle a fondé le magazine Mu in the City en 2014.