Mano Penalva, tout est art

Muriel de Crayencour
26 juin 2018

Frédéric de Goldschmidt prête une nouvelle fois son espace, rue de Barchon à Bruxelles, à un jeune artiste. Mano Penalva arrive du Brésil par l'intermédiaire de The Bridge Project, une initiative curatoriale nomade mise sur pied par Julie Dumont, basée à São Paulo pour son travail de scientifique. Le projet est d'inviter des artistes à résider et exposer dans trois capitales : Bruxelles, São Paulo et New York, et de construire des ponts entre pays et artistes.

Mano Penalva (Salvador de Bahia, Brésil, 1985) nous présente une série de compositions abstraites toutes créées à partir de matériaux existants : bâches, sangles, plastiques... qui servent à l'emballage de tant de marchandises envoyées par-delà les mers. Il aborde par ce biais la situation économique et sociale dramatique de son pays. Ces matériaux pauvres aux couleurs vives sont pliés, agrafés, collés pour devenir de petites compositions graphiques. Du rien au tout, du désordre à l'ordre, Mano Penalva aime à extraire et montrer la beauté qui se trouve sous nos yeux. D'une bâche vert bouteille et d'une corde de nylon orange, il fait une œuvre qui n'est pas sans rappeler celles des artistes du mouvement Support-surface. Il aime aussi montrer que, malgré la crise économique que traverse son pays, il y a de l'esthétique dans le quotidien et qu'on peut s'en nourrir. Voici les sacs utilisés par les voyageurs migrants pour transporter leurs affaires. Découpés, mis à plat, leurs rayures deviennent motifs à un jeu graphique pour un grand format.

Notons aussi les collages modernistes de belle facture, faits avec des morceaux de scotch réfléchissants. Ainsi, du rien ou de l'anodin, l'artiste fait de l'art. Un jeu esthétique et formel de belle facture. A voir jusqu'au 30 juin.

Mano Penalva
ReQuebra
The Bridge Project
11 rue de Barchon
1000 Bruxelles
Jusqu'au 30 juin
Du jeudi au vendredi de 14h à 19h, finissage samedi de 11h30 à 16h30

 

Muriel de Crayencour

Rédactrice en chef

Voir et regarder l’art. Puis transformer en mots cette expérience première, qui est comme une respiration. « L’écriture permet de transmuter ce que l’œil a vu. Ce processus me fascine. » Philosophe et sculptrice de formation, elle a été journaliste entre autres pour L’Echo, Marianne Belgique et M Belgique. Elle revendique de pouvoir écrire dans un style à la fois accessible et subjectif. La critique est permise ! Elle écrit sur l’art, la politique culturelle, l’évolution des musées et sur la manière de montrer l’art. Elle est aussi artiste. Elle a fondé le magazine Mu in the City en 2014.

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