Nathalie Vande Walle, sur le vif

Muriel de Crayencour
11 octobre 2018

Les expositions pop-up dans des lieux en occupation précaire sont souvent riches de belles surprises. A voir jusqu'au 29 octobre, 300 chaussée d'Ixelles à deux pas de la place Flagey, les dessins, photographies et gouaches de Nathalie Vande Walle.

Nathalie dessine tout le temps. Dans des carnets Moleskine, sur d'autres papiers. De son séjour à New York, elle montre pour la première fois une belle et large série de croquis et dessins. Dans la première salle, voici des images plutôt narratives, qui mettent en scène les personnages fictifs qu'elle a inventé. Edgard Clift  - et sa valise - se promène dans les rues de la Grande Pomme. Il mange aux comptoirs de diners et soudain c'est Nighthawks (1942), la fameuse peinture iconique d'Edward Hopper qui apparait à nos yeux. Au fil des dessins et gouaches, la ville s'installe devant nos rétines. C'est rythmé, de belle tenue graphique, dense. Plus on s'enfonce dans l'exposition, plus les dessins deviennent abstraits. Ici, une piscine bleue devient motif à un aplat bleu ... piscine, là, un mur jaune vif et les cernes noirs chantent une comptine géométrique.

"Elle dessine sans arrêt, sans arrêt," nous explique son compagnon, grand sourire au lèvres, "cette exposition, c'est pour moi l'occasion de voir enfin ses dessins !" Du carnet, petite chose repliée qu'on transporte partout, qu'on ouvre pour saisir un moment poétique, pour ensuite le replier et le ranger avec ses feutres et crayons jusqu'à la prochaine étape, à l'exposition sur les murs d'une galerie éphémère, il y a tout un cheminement, une audace, une envie de dévoilement, que l'artiste a fait. Et bien fait. Les dessins sont tous impeccablement encadrés. Et les prix tout petits. Précipitez-vous.

 

Nathalie Vande Walle
300 chaussée d'Ixelles
1050 Bruxelles
Jusqu'au 29 octobre
Du jeudi au dimanche de 12h à 18h

Muriel de Crayencour

Rédactrice en chef

Voir et regarder l’art. Puis transformer en mots cette expérience première, qui est comme une respiration. « L’écriture permet de transmuter ce que l’œil a vu. Ce processus me fascine. » Philosophe et sculptrice de formation, elle a été journaliste entre autres pour L’Echo, Marianne Belgique et M Belgique. Elle revendique de pouvoir écrire dans un style à la fois accessible et subjectif. La critique est permise ! Elle écrit sur l’art, la politique culturelle, l’évolution des musées et sur la manière de montrer l’art. Elle est aussi artiste. Elle a fondé le magazine Mu in the City en 2014.