Partie à deux

Gilles Bechet
07 décembre 2020

Un petit livre revient sur les dialogues entre les toiles de René Magritte et les pastels de Nicolas Party invité aux cimaises du Musée Magritte en 2018.

En 2018, Nicolas Party se glissait aux cimaises du Musée Magritte confrontant ses ouvres à celles de l'homme au melon. Tout est parti d'une opportunité et d'un jeu de mots. Le musée vidé d'un certain nombre des toiles de Magritte parties pour une rétrospective à San Francisco, l'invitation a été lancée à Nicolas Party d'occuper les vides avec ses propres œuvres pour nouer un dialogue entre les deux imaginaires.

Dans un talk sur zoom réalisé à l'occasion de la sortie du bouquin, le peintre suisse révélait qu'il a abordé cet exercice particulier sans pression et plutôt comme un jeu. Le choix relevait d'un certaine évidence au regard des convergences qui existent entre les deux oeuvres. Il y a d'abord l'étrangeté et le mystère d'objets tirés de leur contexte, monumentalisés et parfois associés pour susciter l'étrangeté. Dans cet exercice particulier, Nicolas Party s'est amusé à jouer les rapprochements avec un artiste qu'il a découvert à 7 ans lors d'une rétrospective à Lausanne. Les divergences n'en sont pas moins également nombreuses. Il n'y a pas chez Party de concept préalable, ni de jeu avec le langage. Ce qui prévaut dans ses images, c'est ce que le spectateur en voit, séduit par la sensualité des formes un peu molles et la vibration des couleurs appliquées au pastel gras. « Ce qui m'intéresse, c'est de peindre et de créer des images, je ne passe pas beaucoup de temps à crée des stratégies avant de commencer. » Il dessine toujours d'imagination, jamais à partir d'un modèle ou d'une photo. « Mon univers est en déconnexion avec le monde réel. J'utilise la lumière uniquement pour créer le volume d'un objet, un peu comme dans un software 3D, pour traduire comment on peut le percevoir dans le monde réel. » De plus, un subtil jeu d'orthographe s'est installé dans le livre du livre !

Magritte Parti   Textes de Michel Draguet   Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique 80 pages | 30 €

Gilles Bechet

Journaliste

Il n’imagine pas un monde sans art. Comment sinon refléter et traduire la beauté, la douceur, la sauvagerie et l’absurdité des mondes d’hier et d’aujourd’hui ? Écrire sur l’art est pour lui un plaisir autant qu’une nécessité. Journaliste indépendant, passionné et curieux de toutes les métamorphoses artistiques, il collabore également à Bruzz, Bazar Magazin et C!RQ en Capitale.