Occupations

Muriel de Crayencour
18 mars 2015
« La Maison des Arts est un lieu d’histoires, locales bien sûr. A une certaine époque on l’appelait Château. Il n’y a plus de châtelain. C’est un « lieu commun ». Il appartient à la commune. Il appartient à la communauté. (...) », explique Bernard Villers en introduction de la petite publication qui accompagne son exposition à voir jusqu’au 28 mars.

L’artiste a posé sur le sol de cette maison de maître des matériaux de construction bruts. En un long alignement qui traverse trois salons, il offre au regard ces formes simples, ces matériaux bruts : parpaings, briques, poutres de béton qui contrastent si fortement avec le décor, les soies tendues sur les murs, les lambris. Ils font d’ailleurs aussi partie – invisibles – de la structure du bâtiment.

Bernard De Villers, dit Bernard Villers, est un artiste peintre et éditeur belge né en 1939. Il vit à Bruxelles. Ses œuvres sont d'abord picturales, principalement basées sur les associations de couleur, et éditoriales, l'artiste éditant ses propres livres. Il a fondé les Éditions du Remorqueur et le Nouveau Remorqueur.

La forme pure, sa géométrie – à mettre en rapport avec l’environnement direct–, sa couleur, c’est cela qui fascine cet artiste qui a gardé un regard d’enfant et le goût du jeu. On le voit dans un film présenté au début de l’exposition : plaçant des parallélépipèdes de couleurs pures, rouge, bleu vif, dans différentes salles du Musée royal de Mariemont. Le regard pétillant, le geste facétieux, il s’amuse et s’émerveille des échos que font ces objets avec, par exemple, les socles supportant quelques bustes classiques, ou avec une vitrine contenant des objets. Les ombres portées, les reflets dans une vitre sont autant d’événements physiques anodins que Villers aime à mettre en avant.

Dans la bibliothèque, dernière salle de l’exposition, il présente par exemple quelques carrés de papiers de couleurs, posés sur une vitrine. Leurs ombres sont multiples puisque le lustre qui surmonte la scène porte plusieurs ampoules. Dans une autre vitrine, voici encore une brique brute. Son ombre est verte, par on ne sait quel phénomène physique. Tout cela l’enchante. « Malgré la variété des supports, des techniques et des approches, je pense encore toujours faire de la peinture », dit-il.
Bernard Villers
Lieu(x) Commun(s)
Maison des Arts
147 chaussée de Haecht
1030 Schaerbeek
Jusqu’au 28 mars
Du lundi au vendredi de 10h à 17h, samedi de 14h à 18h
www.1030culture.be

Finissage le samedi 28 mars à 17h, en présence du groupe d’improvisation musicale Kroep Hoek















 

Muriel de Crayencour

Rédactrice en chef

Voir et regarder l’art. Puis transformer en mots cette expérience première, qui est comme une respiration. « L’écriture permet de transmuter ce que l’œil a vu. Ce processus me fascine. » Philosophe et sculptrice de formation, elle a été journaliste entre autres pour L’Echo, Marianne Belgique et M Belgique. Elle revendique de pouvoir écrire dans un style à la fois accessible et subjectif. La critique est permise ! Elle écrit sur l’art, la politique culturelle, l’évolution des musées et sur la manière de montrer l’art. Elle est aussi artiste. Elle a fondé le magazine Mu in the City en 2014.