Open on sundays!

Muriel de Crayencour
05 février 2015

Dimanche avait lieu la première des cinq ouvertures prévues le septième jour de la semaine à la galerie des galeries, celle qui traverse en son centre le rez de chaussée du Rivoli Building, à Uccle.

C'est en ouvrant sa galerie dans cet espace alors incongru, il y a huit ans, que Francesco Rossi a démarré l'aventure. Aujourd'hui, ce sont 10 galeries: Artitude, qui a déménagé de la rue de La Longue Haie, Dear Future Me,  Hopstreet, Xavier Hufkens (un deuxième espace pour cette galerie), les Français Intuiti, Guy Ledune, OMS Pradhan, Plagiarama, Qui et Rossi Contemporary qui sont installées ici, créant un pôle d'attraction assez remarquable à La Bascule. La galerie Sébastien Délire a fermé le 15 janvier et se cherche un lieu pour renaître.

S'y ajoutent deux vitrines, Jap et Enlarge your art, cette dernière co-réalisée par Valérie Lambert et Serge Paternoster. Serge Paternoster est entrepreneur de jardin mais aussi, avec son épouse, un redoutable collectionneur, depuis des années. Ayant tenté quelques mois de se transformer en galériste, il a trouvé ici, avec son associée, la possibilité de partager sa passion, de montrer et mettre en vente des pièces de sa collection. Dans sa vitrine, on trouve Arman, Man Ray, entre autres... On ne sera pas les seuls à coller notre nez sur celle-ci.

Il y avait une belle foule ce dimanche, circulant d'un espace à l'autre via cette galerie centrale à la forme organique. Chez Hopstreet, on découvrait la série de photos Neither Thing Nor Nothing, de la jeune suédoise Sara Bjarland. D'étranges formes comme délaissées semblent des amas organiques et s'avèrent des serpillères usagées. La beauté peut décidément être dans tout.

Chez Rossi, voici quatre grandes photographies sur toile, de Lore Stessel (1987). S'y mettent en scène des corps de danseurs, gracieux, pris sur le vif. "Dans ma pratique, le corps humain est à la fois sujet et outil de travail. Il est capturé dans un mouvement du quotidien puis manipulé par mes gestes de peintre. La répétition et la superposition des couches entraînent le sujet dans une illusion intime.", explique-t-elle.

Pointons aussi les petites huiles sur toile de Thomas Mazzarella (1983), cadrages précis, petites scènes colorées et ludiques dans lesquelles le regard plonge. Et les très beaux fusains de Romain Cadilhon (1984), dont l'oeil et le découpage qu'il opère dans ce qu'il voit n'ont de pareil que la dextérité. Les deux toujours chez Rossi. La galerie Intuiti présente elle un ensemble d'oeuvres des artistes de la galerie.

 

Rivoli Building
690 chaussée de Waterloo
1180 Bruxelles

 

Muriel de Crayencour

Rédactrice en chef

Voir et regarder l’art. Puis transformer en mots cette expérience première, qui est comme une respiration. « L’écriture permet de transmuter ce que l’œil a vu. Ce processus me fascine. » Philosophe et sculptrice de formation, elle a été journaliste entre autres pour L’Echo, Marianne Belgique et M Belgique. Elle revendique de pouvoir écrire dans un style à la fois accessible et subjectif. La critique est permise ! Elle écrit sur l’art, la politique culturelle, l’évolution des musées et sur la manière de montrer l’art. Elle est aussi artiste. Elle a fondé le magazine Mu in the City en 2014.