Pepermans Remix

Gilles Bechet
01 avril 2021

A la Schönfeld Gallery, Albert Pepermans retourne ses brosses sur quelques-unes des œuvres de sa jeunesse rock'n'roll. Avec une énergie iconoclaste, il transforme les idoles d'hier en une rythmique colorée et vibrante.

Au début des années 1980, Albert Pepermans a proposé une performance mémorable aux Halles de Schaerbeek, au cours de laquelle il a dansé pendant quatre heures dans une cage entouré d'autos tamponneuses et d'agrandissements de ses peintures rock'n'roll. A l'époque, il vivait et s'exprimait en électron libre de la scène artistique se partageant entre peintures, dessins, affiches et performances, inspiré par les chromes, la musique, le pop art et les images de magazine. Aujourd'hui, Albert approche les trois quarts de siècle, il peint toujours et danse un peu moins.

En fouillant ses archives pendant le confinement, il retombe sur ses peintures rock'n'roll des années 1980. Un autre monde. Il a envie d'en faire quelque chose mais il n'est plus le même artiste. Toujours aussi instinctif, il est devenu moins figuratif, c'est les couleurs qu'il fait danser. Découpées, assemblées, repeintes, les peintures repartent en bandes superposées sur lesquelles il applique des couleurs qui laissent deviner leur fond électrique. Comme dans un remix de refrains qui ont tourné trop longtemps. Il doit travailler vite. « La peinture est un combat. J'ai une approche plus brutale qu'esthétique. Quand je prends trop de temps, ça veut dire que je vais perdre. » Au centre, il applique souvent des personnages ou des figures en lino, souvenirs d'un carnet de dessins. En les badigeonnant d'une couche nouvelle, il met à mort les idoles de sa jeunesse. Too old to rock'n'roll. Mais le rythme est toujours là. Ça saute à la figure comme un hoquet d'Elvis. Ces peintures tapissent les cimaises de la galerie Schönfeld, aux côtés des rescapées des années chromes où l'on reconnaît Elvis, un Chuck Berry qui se dédouble ou encore le fantôme de Jerry Lee Lewis. L'espace est limité et Albert Pepermans n'a pas tout dit. Artiste boulimique, il garde en réserve des centaines d'œuvres qui ne sont pas encore sorties des cartons. Elle seront les invitées du nouvel espace que la galerie ouvrira chaussée de Charleroi. Albert Pepermans y exposera pendant un an, parfois en dialogue avec d'autres artistes en renouvelant ses toiles, à raison d'une exposition thématique par mois.

Albert Pepermans
Four to the Floor
Schönfeld Gallery A & B
Rivoli Building
690 chée de Waterloo
1180 Bruxelles
Jusqu'au 30 avril
Du jeudi au samedi de 13h à 18h sur rendez-vous

 

Schönfeld Gallery C
78 chée de Charleroi
1060 Bruxelles
A partir du 1er avril
Du mercredi au samedi de 13h à 18h
www.schonfeldgallery.com

Gilles Bechet

Journaliste

Il n’imagine pas un monde sans art. Comment sinon refléter et traduire la beauté, la douceur, la sauvagerie et l’absurdité des mondes d’hier et d’aujourd’hui ? Écrire sur l’art est pour lui un plaisir autant qu’une nécessité. Journaliste indépendant, passionné et curieux de toutes les métamorphoses artistiques, il collabore également à Bruzz, Bazar Magazin et C!RQ en Capitale.