Rêves de papier à la Galerie Dys

Gilles Bechet
20 janvier 2022

La Galerie Dys rassemble les travaux sur papier d'Abel Burger, Maldo Nollimerg, Simone Pelligrini et Kate Lyddon, quatre portes entrebâillées sur la chambre des rêves.

La Galerie Dys entame sa vingtième année par une exposition qui rassemble quatre artistes pratiquant le dessin avec des styles très différents, mais une même capacité à s'ouvrir sur des univers où la seule logique est celle du rêve. « Ils ont aussi en commun de travailler sur papier, qui est un peu l'ADN de la galerie », explique Justine Jacquemin, directrice et curatrice. « Un papier qui ne cesse de m'émouvoir. C'est un médium qui ne ment pas, il garde l'empreinte des hésitations et gestes regrettés qu'on a cherché à gommer. »

Les dessins collages d'Abel Burger portent les traces laissées par l'histoire et les mythes sur nos imaginaires. Comme un théâtre de la mémoire, Abel met en scène une accumulation de fragments que le spectateur est invité à compléter. Les découpes néogothiques se mêlent aux colonnades antiques et à la figure fantomatique d'un dragon terrassé qui apparaît comme une révélation au centre d'un jeu de formes, de matières et de couleurs passées. Une horloge oubliée, Maldo Nollimerg se glisse dans les plis d'un rêve qui se déploie dans les soupirs de ses dormeuses. Les formes douces et pleines, d'une rondeur faussement rassurante, caressées de la pointe du crayon semblent en suspension entre tendresse et effroi. Entre la femme, l'homme et l'animal. L'haleine d'un chien dans la nuit, le battement d'aile d'un oiseau migrateur ou la cambrure défiante du cheval détiennent chacun leur part de la vérité qui n'appartient qu'au sommeil.

Les dessins de Simone Pellegrini évoquent les parchemins archaïques d'une civilisation inconnue, un codex racontant des siècles en un dessin cyclique. Sur un papier vieilli de taches et de résidus, il cartographie un monde hybride où le passé et l'avenir, la chair et la pensée, fusionnent dans une anticipation à rebours. Dans ses dessins au crayon, Kate Lyddon, une fidèle de la galerie, démultiplie son corps entre femme d'intérieur et sirène en eaux troubles, mère protectrice et dompteuse. Son trait virtuose et gourmand est un filigrane à peine voilé du tourbillon de ses métamorphoses inconscientes.

Salt 'N Paper
Abel Burger, Maldo Nollimerg, Simone Pelligrini et Kate Lyddon
Galerie DYS
84 rue de l’Arbre Bénit
1050 Bruxelles
Jusqu’au 13 février 
Jeudi et vendredi de 11h à 18h
Samedi et dimanche de 14hwww.galeriedys.com à 18h
www.galeriedys.com

 

Gilles Bechet

Journaliste

Il n’imagine pas un monde sans art. Comment sinon refléter et traduire la beauté, la douceur, la sauvagerie et l’absurdité des mondes d’hier et d’aujourd’hui ? Écrire sur l’art est pour lui un plaisir autant qu’une nécessité. Journaliste indépendant, passionné et curieux de toutes les métamorphoses artistiques, il collabore également à Bruzz, Bazar Magazin et C!RQ en Capitale.

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